Chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard : Paul Cézanne
Par Mag le lundi 23 juillet 2007, 08:00 - Peinture et arts graphiques - Lien permanent
Aujourd'hui, suite et fin de la visite de
l'exposition De
Cézanne à Picasso, chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard.
On a vu ce que Renoir et Cézanne pensaient des oeuvres de van Gogh : "une
peinture de fou !" (lire le billet Galerie
Vollard : autour des livres d'artistes et de van Gogh).
Les relations entre les artistes à cette époque paraissaient pourtant le plus
souvent marquées par l'admiration.
D'ailleurs, si l'opinion des artistes sur les oeuvres de leurs semblables
mérite d'être soulignée dans l'exposition organisée autour d'Ambroise Vollard,
c'est parce qu'ils étaient souvent les premiers acheteurs de tableaux.
Ce fut le cas de ceux de Cézanne - dont on rappelle qu'il fut véritablement
lancé par le marchand d'art grâce à la première exposition monographique qu'il
lui consacra en 1895.
Ses premiers "clients" furent Degas, Monet et Pissarro.
Comment ne pas s'extasier, en effet, devant ses superbes paysages, mais aussi
ses portraits d'une touchante humanité, mettant en scène des hommes démunis,
tels Le fumeur accoudé (1891), Les joueurs de carte (1893) ou
encore des êtres mélancoliques comme ce pensif Garçon au gilet rouge
(1888-1890) ?
On trouve aussi chez Cézanne de belles correspondances avec d'autres artistes.
Son admiration pour Delacroix était telle qu'il conserva toute sa vie dans son
appartement une aquarelle du peintre représentant un bouquet. Un jour, il finit
par se décider à réinterpréter ce tableau. Les deux oeuvres sont accrochées
côte à côte : un beau chemin...
Cézanne avait également peint, en 1870, en écho à la provocante
Olympia de Manet (1863), Une moderne Olympia. Quoi de mieux
que ces réinterprétations d'un même sujet pour apprécier ce qui fait la
singularité et en l'occurrence le talent de chacun des artistes, à savoir le
style ?
Cézanne admirateur donc, mais ensuite admiré à son tour. Touchante anecdote que
celle autour de son tableau Trois baigneuses (1876-1877) : c'est
Matisse qui l'acheta, mais à crédit sur douze mois... et lorsqu'il l'offrit au
Petit-Palais en 1936, il déclara que l'oeuvre l'avait "soutenu moralement
dans les moments critiques de mon aventure artistique. J'y ai puisé ma foi et
ma persévérance".
Tel fut aussi le grand mérite d'Ambroise Vollard : avoir permis ces liens, ces admirations et cette stimulation entre les plus grands.
De Cézanne à Picasso, chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard
Musée d'Orsay
Jusqu'au 16 septembre 2007
Du mardi au dimanche de 9h30 à 18h
nocturne le jeudi jusqu'à 21h45
RER C, bus 24, 68 et 69, M° ligne 12
Entrée 7,50 € (TR 5,50 €)
Catalogue d'exposition
Collectif, sous la direction d'Anne Roquebert
Musée d'Orsay / RMN, 56 €
Image : Les trois baigneuses de Paul Cézanne (1876-1877)
Commentaires
J'ai vu cette exposition cet après-midi. C'est une pure merveille !