A cinq heures de Paris. Leon Prudovsky
Par Mag le dimanche 11 juillet 2010, 21:00 - Cinéma - Lien permanent

Voici une comédie romantique comme on aimerait en voir plus souvent. Ni
poussive, ni cul-cul la praline, ni cousue de fil blanc. Sa légèreté évoque ce
qui porte haut avant d'imprimer au cœur un pli de gravité : l'élan éprouvé
ensemble par un homme et une femme, irrésistible et parfois contrarié.
Nous sommes en Israël, près de Tel-Aviv. Yigal est chauffeur de taxi, divorcé,
père d'un garçon qui s'obstine à ne vouloir ni jouer au piano ni chanter malgré
les injonctions assurées de son beau-père (ou à cause de celles-ci...). Il est
un homme en retrait, discret, bon esprit, un peu contemplatif et surtout très
valeureux combattant de la phobie qui l'empêche d'aller à Paris fêter la
bar-mitsva de son fils : la peur de l'avion.
Un soir, il fait la connaissance de Lina, le professeur de musique de son fils.
Elle est mariée, mais le mari en question a la bonne idée de se trouver au
Canada pour y obtenir de son diplôme d'urologue. Il a hélas aussi celle, fixe
et beaucoup moins bonne, de vouloir s'installer dans ce beau et froid pays avec
son épouse.
La trame du film est naturellement ce qui va se nouer entre Yigal et Lina.
L'histoire est déroulée avec subtilité, à l'image de la relation entre ces deux
êtres délicats, plutôt résignés et dépourvus de violence, dont les cœurs se
mettent à déborder avec naturel, simplicité et pudeur.
Si les deux principaux protagonistes sont très bien incarnés, les personnages
qui les entourent, amis et famille ne le sont pas moins, presque tous assez
complexes voire ambigus. Tous très attachants en somme, et c'est avec un
plaisir croissant que l'on suit cette "aventure" qui n'y ressemble pas et
laisse un doux parfum de mélancolie, l'effluve du bonheur vécu.
A cinq heures de Paris
De Leon Prudovsky
Avec Dror Keren, Helena Yaralova, Vladimir Friedman
Durée 1 h 30
Sorti en salles le 23 juin 2010