Souffle. Kim Ki-duk

Souffle, de Kim Ki-dukCe souffle est celui d’une histoire d’amour passionnelle. Une histoire d’amour singulière, impensable, interdite.
Jang Jin est condamné à mort pour avoir assassiné sa femme et ses deux enfants. Dans sa cellule, il essaie pour la deuxième fois d’attenter à ses jours. Ses compagnons gravent des femmes nues sur les murs décrépis. L’un d’eux entoure Jang Jin d’un amour tendre et exclusif. Entre eux, aucune parole ne sera jamais prononcée.
A des kilomètres de là, dans sa vaste villa, une femme est en proie à l’abandon de son mari. Elle dessine calmement avec sa petite fille ; modèle des sculptures dans la terre grise. Sans un mot, tout en elle exprime le désarroi, la solitude, l’élan brisé.
Le journal télévisé se fait l’écho de la nouvelle tentative de suicide de Jang Jin. L’épouse trompée est hypnotisée par cet homme. Elle entre dans un magasin de fleurs. Se rend à la prison. Offre en plein hiver une fête de printemps à Jang Jin. Revient le lendemain, encore plus dénudée malgré la glace, pour cette fois lui jouer l’été. Elle lui parle. De ces mots, de ces chansons et de ces décors de rêve créés dans un parloir par une femme triste devenue fée éclot une histoire d’amour.
L’improbable devient évident. Le silence – durant tout le film on n’entendra pas la voix de Jang Jin – est éloquent ; les non-dits sont des cris ; les sourires des brèches dans le cours du monde.
Jamais annoncée, l’émotion surgit par surprise au détour d’un regard, de flocons de neige qui s’envolent, d’une chanson qui libère, de corps qui brusquement s’étreignent.
Délicat, beau, limpide, le dernier film du virtuose Kim Ki-duk (1) n’a rien d’une démonstration de talent.
Fort et troublant sur l’ambivalence des sentiments et de la passion amoureuse, Souffle est bien sûr aussi un film très physique. Il tire de l’étrange comme du prosaïque une atmosphère poétique inattendue, et surtout, ne souligne jamais. Absolument magnifique.

Souffle (titre original Soom)
Un film sud-coréen de Kim Ki-duk
Avec Chang Chen, Jung-woo Ha, Ji-a Park
Durée : 1 h 24 mn
Sélection officielle Festival de Cannes 2007
(1) Kim Ki-duk a réalisé notamment Printemps, été, automne, hiver…et printemps et Locataires

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