Pascal Cribier, les racines ont des feuilles

Exposition les feuilles ont des racines, Pascal Cribier, espace EDF ElectraIl y a quelque chose d’un peu curieux à aller chercher du vert dans l’espace clos de l’impasse Récamier à Paris, l’espace EDF Electra.
Par ces belles journées, l’on est plutôt tenté de pousser jusqu’au fond du passage pour admirer le fatras végétal du square.(D’ailleurs, à l’entrée, une brochure façon planche de botaniste avec noms et dessins des espèces nous y invite vivement.)

Dans l’obscurité, des images des créations de l’architecte-paysagiste Pascal Cribier défilent très lentement sur de grands écrans. Un ici, un là, d’autres encore là et là, l’oeil est attiré par tous à la fois. Des tabourets en mousse nomades permettent de se poser et de contempler. Les réalisations sont séduisantes, hautes en couleurs, et le procédé réussi.

Laurent Le Bon, commissaire de l’exposition explique que Pascal Cribier n’a accepté de présenter que des plantes qui pourraient vivre naturellement dans les conditions de l’espace d’exposition. D’où davantage de photos et de films que de vivant… mais d’où aussi, au sous-sol, de véritables champignons (à la fois embaumantes pleurotes et magnifiques sculptures).
Et d’où aussi, à l’étage, cette fois à la lumière naturelle, d’imposantes et fascinantes racines d’arbres sorties d’un marais indépendant de toute nappe phréatique et au système de développement propre, des doubles couronnes étonnantes. Il s’agit de montrer l’invisible, mais aussi d’expliquer que les racines ont un fonctionnement proche de celui des branches, des sortes de feuilles qui, comme elles, « tombent » (où ?) à l’automne…
Pascal Cribier, qui installe en ce moment des socles végétaux dans la Cour de l’Hôtel Dassault (Artcurial) n’est pas sans intriguer. Architecte de jardins inventifs et souvent très beaux , il se défend de toute approche artistique. Il considère que ses paysages font partie d’une économie – son obsession : se servir des éléments du lieux, aussi bien de l’eau que du bitume – et ne sont pas décoratifs.
Il demande « qu’on arrête de convoquer la nature » et revendique une démarche citoyenne. Un doux rêveur ? Tout au contraire, la présentation de ses réalisations et de ses travaux en cours font montre d’un solide pragmatisme. A paraître en septembre, l’ouvrage Pascal Cribier, itinéraires d’un jardinier nous en dira davantage sur cet architecte-paysagiste singulier.

Pascal Cribier, les racines ont des feuilles
Jusqu’au 28 septembre 2008
Espace EDF Electra
6, rue de Récamier – Paris 7ème
M° Sèvres-Babylone
TLJ sf lun. et jours fériés, de 12 h à 19 h
Entrée libre

Image : Woolton (Berkshire, Angleterre), 1994

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