Charles Avery – Onomatopoeia, part 1

Charles Avery, Le Plateau, Stone mouse sellers

Un planisphère, un serpent à bras, un objet exhumé d’un grenier : ainsi s’ouvre l’exposition de l’Écossais Charles Avery présentée au Plateau jusqu’au 8 août prochain.
Elle nous plonge dans le monde inventé par cet artiste de 37 ans aux multiples talents – sculpture, dessin, écriture – qui depuis 2004 dédie son œuvre a une seule entreprise The Islanders, archipel énigmatique dont Onomatopeia est la cité.

La visite s’apparente à la découverte de l’île mystérieuse. Des noms poétiques s’étalent sur le planisphère (Océan analytique, Mer de la clarté), des appellations étranges désignent de magnifiques bustes de bronze coiffés de chapeaux géométriques en papier ou en carton. Surtout, des dessins de très grand format nous racontent ce monde. Un des plus impressionnants présente le port d‘Onomatopoeia. Sur 2 m 40 de hauteur par 5 m 10 de large, s’entremêlent une foule abondante et variée, des animaux curieux, un vendeur de moules / œufs, des bâtiments plus ou moins désaffectés… Fourmillant de détails, le dessin s’examine à loisir dans tous ses recoins. Le trait est brillant, satirique, parfois très dur. Dans ses dessins magistralement composés comme dans ses sculptures, l’artiste allie les lignes souples et libres, réservées aux êtres vivants, aux formes géométriques, très présentes avec les énigmatiques chapeaux et l’architecture de la cité.

Ses textes nous en apprennent davantage sur son monde éclectique, contemporain et inquiétant : à quelques détails de science-fiction près, il ressemble beaucoup au nôtre, avec son Histoire (colonisation par les puissants, élimination des minorités, assimilation au groupe modèle dominant), société stratifiée, asservissement et stigmatisation des étrangers, pauvreté, création de valeur par la marchandisation, spéculation, addictions… Le tout dans un contexte de tourisme de masse moutonnier.

Mais si les extraits de récits d’explorateur (passionnants) de Charles Avery viennent éclairer ses créations graphiques et plastiques, leur lecture n’est pas un préalable nécessaire : les plaisirs de l’intrigue et de l’imagination n’en seront que plus grands en parcourant l’exposition du Plateau, la première exposition personnelle en France de Charles Avery. Un nom facile à retenir et une œuvre à découvrir… absolument.

Charles Avery – Onomatopoeia, part 1
Le Plateau – FRAC Ile-de-France
Place Hannah Arendt, à l’angle de la rue Carducci et de la rue des Alouettes
Paris 19ème
M° Jourdain (11) ou Buttes-Chaumont (7bis), bus 26 – arrêt Jourdain
Du mer. au ven. de 14 h à 19 h et les sam. et dim. de 12 h à 20 h
Jusqu’au 8 août 2010
Entrée libre

Charles Avery, Le Plateau, The bar of the one armed snake

Né en 1973 à Oban, en Écosse, Charles Avery vit et travaille à Londres. Il expose régulièrement dans des galeries en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Italie et à participé à de nombreuses expositions collectives, dont Altermodern pour la 4ème Triennale de la Tate et Walk in your mind à la Hayward Gallery, à Londres en 2009. Son travail a été présenté à la Biennale de Venise et à la Biennale de Lyon en 2007.

Rendez-vous au Plateau :
Chaque dimanche à 16 h visite guidée et gratuite de l’exposition
Jeudi 17 juin à 19 h 30, rencontre avec Charles Avery. Il s’entretiendra avec Nicolas Bourriaud, critique d’art et commissaire de l’exposition Altermodern de la Tate Triennal en 2009 et proposera une lecture de ses textes, récits d’expédition se rapportant au projet The Islanders.
Dimanche 27 juin à 18 h, visite avec Xavier Franceschi, commissaire de l’exposition

Images : Charles Avery Untitled (Stone Mouse sellers) 96 x 132,5 cm et Charles Avery Untitled (The Bar of the One Armed Snake), 2009 Pencil and gouache on board 124 x 164 cm Courtesy Pilar Corrias Gallery Photo Andy Keate

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