La Fille du puisatier. Daniel Auteuil

La fille du puisatier de Daniel Auteuil, Jacques et Patricia

Patricia est l’aînée d’une ribambelle de filles que leur mère a laissées au puisatier avant de s’éteindre. S’il aurait préféré des garçons, il les aime malgré tout tendrement et les élèves dignement.
Patricia est sa préférée. Éduquée à Paris, elle est revenue au bercail à 15 ans et, à 18 désormais, la douce, aimante et dévouée Patricia s’occupe de son père et de ses cadettes. Fraîche comme une fleur, elle est une princesse pour son père, mais aussi pour Felipe, son assistant, qui rêve de l’épouser. La perspective séduit le père, qui voit là le moyen de garder son aînée près de lui, mais n’attire guère la jeune fille.

C’est alors qu’au bord du torrent, Patricia croise le beau Jacques Mazel, fils des riches boutiquiers du coin. De traversée de rivière dans ses bras en chevauchée en moto-bécane le nez au vent, le galant a tôt fait de se faire aimer et d’obtenir ce qu’une pure ne donne que dans le lit nuptial.
Dès le lendemain, le prince d’un jour part pour la guerre et, au bout de quelques semaines, c’est à son père que Patricia avoue qu’elle attend un enfant. Le puisatier envoie Patricia chez sa sœur, où naîtra le petit Amoretti. Mais l’histoire est loin, bien loin de s’arrêter là.

Le "conte" de Marcel Pagnol est magnifique, comme toutes les histoires de Pagnol. Vingt-cinq ans après avoir interprété Ugolin pour Claude Berri dans les deux films de L’eau des collines, Daniel Auteuil passe de l’autre côté de la caméra pour réaliser son premier long-métrage, tout en interprétant lui-même le rôle du puisatier.
C’est un régal. Il n’y a aucune surprise, ni d’inventivité (si ce n’est peut-être une façon de filmer les visages en très gros plans) : le film aurait pu être tourné il y a trente ans, il est sans âge.
Mais qu’importe ! Pagnol, c’est un classique et les classiques n’ont pas besoin de mode. Certes Auteuil n’est pas Raimu, mais il est le puisatier en couleurs qu’il nous fallait : il parle bien le Pagnol et l’on y croit. Le reste de la distribution est plus ou moins en place, mais pour l’essentiel émeut comme il se doit. On s’habitue au phrasé appliqué d’Astrid Berges-Frisbey dans le rôle titre, largement compensé par une belle expressivité de traits, Kad Merad habite fort bien le maladroit Felipe, Mazel père (Jean-Pierre Darroussin) et fils (Nicolas Duvauchelle) son nickels, alors que Sabine Azéma a plutôt l’air de se demander ce qu’elle fait là, la greffe provençale n’ayant avec elle pas très bien réussi.

Mais qui aime Pagnol aimera ce film, comme il a aimé les autres, les anciens et les plus récents, parce que c’est la Provence, la famille, la terre, les faiblesses et l’orgueil, et aussi les feux d’un temps passé qui ne s’éteignent pas, tant y brûlent encore de passions et d’amour.

La Fille du puisatier
Un film de Daniel Auteuil
Avec Daniel Auteuil, Kad Merad, Sabine Azéma, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle, Astrid Berges-Frisbey, Emilie Cazenave, Marie-Anne Chazel
Durée : 1 h 47 min
Date de sortie en salles : 20 avril 2011

photo © Pathé Distribution

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Une réflexion au sujet de « La Fille du puisatier. Daniel Auteuil »

  1. Bonjour,
    j’hésitais à aller voir ce film. Je suis séduite par le commentaire. Finalement, j’irai faire un tour en salle.
    Merci du conseil.

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