F. Scott Fitzgerald Carnets

F. S. Fitzgerald, Carnets, Théâtre du LucernaireL’entreprise était ambitieuse : mettre en scène les Carnets de F. Scott Fitzgerald, somme aussi hétérogène que touffue.
Le résultat est plutôt réussi.

Dirigeant Alain Sportiello seul en scène, Maria Blanco a fait le choix de montrer le célèbre romancier et nouvelliste américain à la fin de sa courte existence.
Il a alors 44 ans. Pauvre et seul, il survit en écrivant des scénarios à Hollywood, lui qui méprise le cinéma, lui qui a connu si jeune la gloire de l’écrivain. C’était en 1920, avec la publication de L’envers du Paradis et son succès immédiat, suivi de Gatsby le Magnifique cinq ans plus tard. F. S. Fitzgerald menait alors une vie pleine d’éclat et de frasques avec l’excentrique Zelda, parcourait l’Europe, vivait en France au rythme des Années Folles.

Ce monde brillant est bien éloigné lorsque le spectacle commence et que l’on découvre une masse informe sous une couverture, qui va rapidement donner corps à un homme tour à tour désespéré, colérique, mélancolique, lucide et à moitié-fou. Fitzgerald évoque les femmes, le sexe, l’argent, le succès, en des aphorismes tantôt sinueux tantôt cinglants. Il se souvient non sans douleur de la belle Zelda, de son ami Hemingway ; il théorise sur l’écriture ; se plaint d’être soumis à un régime si strict qu’on ne lui laisse pas même de quoi coller un timbre… avant de se jeter sur la bouteille avec autant de rage que de joie.

Alain Sportiello incarne F. S. Fitzgerald avec beaucoup de conviction et de présence, et la mise en scène nous plonge avec une grande efficacité dans l’univers plein d’amertume d’un artiste ruiné et oublié.
Un seul regret toutefois : le comédien va vite, très vite, si bien qu’à certains moments on a un peu de mal à suivre ce texte fragmentaire et parfois difficile.
Du coup, l’on ressort du spectacle avec une seule envie : se plonger sans plus attendre dans les volumineux Carnets de l’auteur de Tendre est la nuit

Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame des Champs – 75006 Paris
Du mardi au samedi à 18h30
Mise en scène : Maria Blanco
Avec Alain Sportiello
Jusqu’au 30 mars 2013
Billets de 15 euros à 25 euros

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