Magic in the Moonlight. Woody Allen

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1928. Introduction berlinoise : Wei Ling Soo, l’un des plus grands prestidigitateurs au monde, fait disparaître un éléphant devant un public médusé. Sortie de scène : derrière le grimage oriental se cache un Anglais beaucoup moins magique, Stanley Crawford. Irascible, cynique, grincheux, il n’a qu’un seul ami qui le supporte, et celui-ci vient le supplier de le suivre sur la Côte d’Azur pour démasquer une prétendue voyante, espèce que Stanley tient pour la plus vile qui soit. On quitte donc fissa l’ambiance nocturne de l’Allemagne pour s’installer, et ne plus en bouger, sur la Riviera française.

Tout de suite, les lumières du directeur de la photographie Darius Khondji enchantent, écrin idéal à un cadre délicieusement suranné. Même le soleil du Midi n’est que douceur, à l’image des robes pastels ou ivoire, légères comme l’air, dans lesquelles ces dames font disparaître leurs courbes. Sophie, la jeune femme médium à confondre, est bien là et bien jolie, ses grands yeux verts en amande bordés d’adorables bibis fleuris. Le jeune héritier de la riche famille américaine qu’elle s’apprête à plumer flotte dans des pantalons de lin et des pulls à torsades immaculés, moins pour jouer au tennis qu’au ukulélé, accompagnant ainsi avec un ridicule achevé les ballades qu’il chante à la belle.

Le côté viril de l’affaire repose donc sur notre magicien international, dissimulé sous un nom d’emprunt pour mieux débusquer l’imposture de la jeune tourneuse de table : costumes trois pièces et casquette de tweed so british, mais aussi italienne décapotable pour mieux découvrir la côte azuréenne… Et pour réunir tout le monde : jazz à tous les étages, années folles à souhait.

Plantez dans ce terrain plein de charme (on a oublié de préciser que Stanley est interprété par un Colin Firth au mieux de sa forme) et de charmes les ingrédients du meilleur de Woody Allen, et vous n’aurez plus qu’à vous laisser enivrer par cet irrésistible bouquet romantique. Mais pas que ! Philosophique aussi ; et plein d’humour ! Rationalité et mysticisme, cynisme et naïveté, pessimisme et optimisme, science et prière, lucidité et transe… l’affrontement (puis la séduction of course) entre Stanley et Sophie sont l’occasion d’éplucher ces sujets sont trop y penser tellement tout cela est léger, et les situations et dialogues alléniens toujours aussi cocasses. Le scénario semble cousu de fil blanc, mais ce n’est pas grave car l’on s’amuse beaucoup, jusqu’à la révélation finale en forme de joli tour… la moindre des choses pour dénouer ce numéro d’illusion, mais le charme, lui, même une fois le secret éventé, continue d’opérer…

 

Magic in the Moonlight

Une comédie romantique de Woody Allen.

Avec Colin Firth, Emma Stone, Eileen Atkins,…

Durée 1 h 38

Sorti en salle le 22 octobre 2014

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2 réflexions au sujet de « Magic in the Moonlight. Woody Allen »

  1. Un vrai régal, film particulièrement soigné sur le plan esthétique, » magic in the moonlight  » porte bien son titre Tout y est ! un vrai ,un grand Woody Allen

    A voir et à revoir

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