James Thierrée. Raoul

Théâtre de la Ville, Raoul, James ThierréeJames Thierrée a impressionné et conquis le public français avec ses précédents spectacles, montrés depuis dix ans dans le monde entier et depuis 2003 chaque année à Paris et en province : "La Symphonie du Hanneton",  »La Veillée des Abysses » et  »Au revoir Parapluie ».

Trois spectacles où on le voyait avec sa troupe, la Compagnie du Hanneton (surnom que ses parents Jean-Baptiste et Victoria Thierrée lui ont donné quand il était petit) et inspirés du monde du cirque (de ce point de vue aussi, ses parents ne sont pas loin, qui donnent à nouveau à Paris leur Cirque Invisible).

Avec Raoul, joué à guichets fermés jusqu’au 5 janvier au Théâtre de la Ville (mais la tournée continue), James Thierrée, trente-cinq ans, apparaît seul en scène, interprétant un homme reclus dans sa hutte faite de mâts métalliques. Toutes sortes d’aventures lui arrivent, à commencer par l’arrivée d’un enquiquineur qui lui ressemble étrangement : lui-même…

Bien que James Thierrée soit seul ou presque, le spectacle ne tire pas vers la performance d’un one-man show, ce qu’il pourrait pourtant faire avec facilité – et succès. Au contraire on retrouve dans Raoul tout ce qu’on a aimé dans ses précédentes créations : le sens burlesque incroyable du comédien-clown (il faut arrêter de dire qu’on croirait voir son grand-père Charlie Chaplin, mais c’est tellement vrai !), ses talents d’acrobate et, nouvelle corde à son arc, de danseur.
Sont toujours présents aussi les décors faits de grands voiles blancs, de mâts, d’objets anciens, vaisselle métallique, velours usé, tapis, lustre ; la musique (ici souvent romantique) qui soudain emporte tout ; et surtout le bestiaire fantastique de Victoria Chaplin, monstre marin affectueux, insectes étranges et fascinants, éléphante blanche comme la ouate. On est toujours, avec ces inventions, dans l’ambiguïté de bestioles effrayantes et belles à la fois. James Thierrée danse avec elles dans des ondulations très tendres. Avec ses deux mains, il évoque avec une grâce inouïe la danse d’un couple. Puis il se lance, s’envole, tourne, revient, regarde les spectateurs, les éclaire, les effleure, pour les emporter une fois encore, et toujours sans un mot, dans un souffle poétique qui est le génie des spectacles de James Thierrée.

Raoul
Mise en scène, décor et interprétation : James Thierrée
Costumes, bestiaire : Victoria Thierrée
Son : Thomas Delot
Lumières : Jérôme Sabre
Théâtre de la Ville
2 place du Châtelet Paris 4°
Jusqu’au 5 janvier 2010
Durée 1 h 20

Suite de la tournée : Chalon-sur-Saône du 18 au 20 mai 2010, Nice du 3 au 9 juin 2010

Photo © Richard Houghton

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L'Oratorio d'Aurélia au théâtre du Rond-Point

L'oratorio d'AureliSœur de James Thierrée, Aurélia Thierrée, faut-il le préciser, est la fille de Victoria Chaplin et de Jean-Baptiste Thierrée, les créateurs du Cirque invisible.
Si Aurélia a les grands yeux de sa mère et l’incroyable fantaisie de son illustre famille, elle possède une grâce qui n’appartient qu’à elle.

Le spectacle qu’elle présente jusqu’au 14 mars au théâtre du Rond-Point tient de la danse (son partenaire, Julio Monge est tout aussi doué et magnifique), de la majestueuse acrobatie et du mime enjoué.
Elle plie et ondule son corps, bouscule les objets et les rôles pour inventer un monde où le réveil sonne pour donner le signal du coucher, où les pétales des fleurs, tiges en l’air, trempent dans l’eau du vase et où les costumes deviennent des personnages.
Avec la complicité de Victoria Chaplin, dont la miraculeuse patte se devine entre toutes, les étoffes se transforment, le rouge et le noir magnifient la scène, les rideaux font tour à tour des robes ou des flocons de neige.

L’humour, toujours prêt à titiller le spectateur, l’imagination, sans cesse invitée à s’emballer, l’intimité des objets quotidiens détournés font de cette soirée un grand moment de plaisir, de douceur et de poésie.

L’Oratorio d’Aurélia
Conception et mise en scène Aurélia Thierrée
Avec Aurélia Thierrée et Julio Monge
Jusqu’au 14 mars 2009
A 20 h 30, représentations supplémentaires les mercredis et samedis à 15 h
Durée 1 h 20
Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt – Paris 8ème

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Au revoir parapluie. James Thierrée

Au revoir parapluieJames Thierrée et sa Compagnie du Hanneton sont de retour à Paris avec Au revoir parapluie, un très beau spectacle donné au Théâtre de la Ville jusqu’au 30 mai avant de repartir en tournée en France et à l’étranger.

Avec pour fil conducteur une histoire de pertes et de retrouvailles successives, Au revoir parapluie est une suite de tableaux où les arts se mêlent avec grâce : si James Thierré, enfant du cirque, est un clown, un mime et un acrobate formidable, il est aussi un danseur et un poète.

Entouré de quatre complices, il crée une ambiance, un monde à partir d’idées simples et inventives.

D’immenses cordages suspendus à un crochet sont ainsi au centre du spectacle.
Les personnages se glissent à l’intérieur pour s’y cacher, en sortir comme du creux d’un arbre avant d’y disparaître à nouveau. Ils s’y agrippent, en descendent, remontent, s’y retrouvent. Les cordes se serrent, se soulèvent, s’étalent en un simple mur d’escalade propice à toutes les acrobaties.
Multiples et mouvantes, les cordes blanches prennent la lumière et ondulent, en une merveilleuse matière poétique.

L’étoffe se fait carmin, prête au jeu, aux transformations et aux dissimulations.
Les corps créent l’humour, les jambes prennent leur autonomie, tantôt ne voulant obéir au tronc, tantôt s’emballant sans moyen de contrôle.
L’ossature d’un rocking-chair devient le partenaire idéal d’une danse en cercles et volutes fascinante …

Enfin, la grande voile-rideau de scène, crevée en un mouvement époustouflant à l’ouverture du spectacle, devient chapiteau dans le tableau final, clôturant Au revoir parapluie en un émouvant hommage au cirque, aux origines, certainement aux magnifiques parents de James.
Victoria Chaplin et Jean-Batpiste Thierrée peuvent être fiers.

Le travail de James Thierrée a été salué cette année encore par le jury des Molières, qui vient de lui décerner le prix du meilleur spectacle en région.

Au revoir parapluie. James Thierrée
Création la Compagnie du Hanneton
Avec Kaori Ito, Magnus Jokobsson, Satchie Noro, Maria Sendow et James Thierrée
Costumes Victoria Thierrée et Manon Gignoux
Lumières Jérôme Sabre, son Thomas Delot
Théâtre de la Ville – 2 place du Châtelet, Paris 4ème
Jusqu’au 30 mai 2007
Locations et renseignements 01 42 74 22 77

Puis en tournée à partir du mois d’octobre : du 4 au 7 à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône, les 9 et 10 au Théâtre de Sartrouville, les 12 et 13 à l’Espace Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, les 19 et 20 au Théâtre André Malraux de Rueil-Malmaison, du 29 oct au 10 nov Sadlers Wells Theatre à Londres, du 20 au 30 nov Shakespeare Theater à Chicago et du 3 au 18 déc Brooklyn Academy of Music New York

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Le Cirque invisible. Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée

cirque_invisibleIl y a deux à peine, on découvrait, émerveillé, sur la scène du théâtre du Rond-Point, le jeune James Thierrée dans sa fascinante Symphonie du Hanneton. Ce fut un coup de foudre. (1)

On pouvait alors ignorer que ses parents sont depuis plus de 30 ans des artistes de la piste incomparables.

Aujourd’hui, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin (4ème fille de Charlie Chaplin), talentueux géniteurs de James et Aurélia, également artiste (2), présentent Le cirque invisible au même théâtre du Rond-Point.

Lui est un clown, un amuseur au sens noble. Il se déguise, joue avec les accessoires, fait des tours de magie.
Cheveux blancs hirsutes, yeux de malice, sourire espiègle, il a l’âge de l’enfance éternelle et fait rire petits et grands.

Elle est le portrait saisissant de son fils, ou plutôt l’inverse. En réalité elle semble davantage être sa sœur que sa mère.
La filiation ne fait pourtant aucun doute : Victoria et James explorent la même veine ; unique et magnifique.

Car lorsque Victoria Chaplin est sur scène, le monde bascule.
Elle opère des transformations époustouflantes, faites de soies, de craintes, de poésie et de beauté.
D’une robe moirée et de son corps, elle fait un serpent, un coquillage et toutes sortes d’animaux imaginaires.
Sur son corps blanc couvert de verres et d’ustensiles, elle joue Les filles du bord de mer.
D’une ombrelle et d’une table ronde, elle fait un cheval.
Elle fait bien d’autres choses encore.
Il faut les voir.

Et laisser la grâce et la magie du Cirque invisible venir mouiller ses yeux d’enfant.

Le Cirque invisible. De et avec Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée
Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin-Roosvelt – Paris 8ème
Du mardi au vendredi à 20 h 30, dimanche à 15 h
Jusqu’au 6 mai 2007, date supplémentaire le 7 mai à 18 h 30
De 8,50 € à 30 €
Livre : Le Cirque invisible, numéro spécial des Carnets du Rond-Point, 10 €

(1) Enthousiasme partagé par le jury des Molières 2006, qui a décerné quatre prix à La Symphonie du Hanneton.
(2) Aurélia Chaplin a présenté en février dernier aux Abesses le spectacle Oratorio d’Aurélia.

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