Quelques mètres plus bas, les vagues grimpent sur les rochers, faits d’un granit qui paraît bien solide.
L’œil revient sur le sol de même granit, et découvre de drôles de personnages, de drôles d’animaux, sculptés dans un assemblage quelque peu pagailleux.
Au-delà des figures qui apparaissent immédiatement (des têtes totalement dégagées), des scènes émergent en bas relief : un monstre, genre crocodile à tête humaine semble prendre sous sa protection un personnage au pantalon bouffant, à moins qu’il ne s’en empare ; dans une sorte de cartouche, un homme barbu semble botter les fesses d’une femme à longue robe.
On dit qu’on peut compter quelques 300 figures au total, sur 500 mètres carrés.
La roche est parfois usée par les embruns, mais on imagine aisément avec quels détails l’artiste a réalisé son travail : les barbes, les coiffures, les vêtements sont différenciés même s’ils dénotent une même époque.
Est représentée en effet l’épopée d’une famille de corsaires (parfois aussi pirates) du XVIème siècle, les Rothéneuf, rivaux des Malouins tout proches.
Mais les sculptures ne datent pas de ce temps.
C’est un homme en robe noire, travaillant seulement au burin et au marteau, durant 20 ans environ, qui est l’auteur de cet ensemble qui rentre, si on veut catégoriser à tout prix, dans le registre de l’art brut.
L’abbé Fouré, dans les années 1890, à la cinquantaine, est victime d’une attaque cérébrale qui le rend progressivement sourd et sans parole. Marteau et burin dans les mains, il se met à sculpter tous les jours au-dessus des flots.
Mais il paraît aussi qu’il peint ses rochers : comme pour les pierres romanes, on a du mal à imaginer la polychromie de couleurs vives qui devaient faire ressortir de façon extraordinaire les scènes sculptées.
Quelle condensation de l’Histoire dans cet espace au flanc de l’Océan !
Histoire des pirates dont la sauvagerie s’allie bien à l’austérité granitique, histoire de l’abbé, qui veut continuer à témoigner sur les travers de l’humanité, notre histoire, celle de lecteurs d’une œuvre dont l’étrangeté demeure et nous arrête au dessus des vagues.
Chemin des Rochers Sculptés, Saint-Malo
Entrée 2,50 euros, gratuit pour les moins de 8 ans
Novembre à mars : 10 h à 12 h et 14 h à 17 h
Avril à juin / septembre et octobre : 9 h à 12 h 30 et 14 h à 19 h
Juillet et août : 9 h à 20 h
Les grands enfants doivent-ils s’occuper de leur vieux père, alors que celui-ci les a abandonnés très tôt sans jamais leur donner le moindre amour ?
Les Fauves firent leur entrée en scène en 1905 au salon d’Automne, lorsqu’un visiteur passant devant un buste d’enfant qui évoquait une oeuvre du Quattrocento italien s’exclama : "Tiens, Donatello dans la cage aux fauves !".
Avec son dernier spectacle sur le thème de la mort
Voici certainement l’histoire de faussaire la plus gonflée et la plus réussie du siècle dernier.
La Semaine du documentaire chilien s’est ouverte mardi 19 février avec Actores secundarios, un flash-back plein de vie et passionnant sur les révoltes lycéennes pendant la dictature (de Pachi Bustos et Jorge Leiva).
Depuis la mise en place de l’histoire et des personnages par Sophocle, on a connu beaucoup de versions d’Antigone. Elles ont été essentiellement été écrites pour le théâtre. Et voilà qu’un auteur, peu connu jusqu’alors malgré ses romans, ses recueils de poèmes, ses pièces de théâtre (et même sa biographie de Mao Zedong !), publie il y a dix ans un Antigone roman.
Ce très beau film tient à la fois du roman et de l’exposition de tableaux.
Les mystères du rectangle, c’est d’abord le mystère de La Tempête, ce tableau peint par Giorgione en 1505 dont Siri Hustvedt est tombée amoureuse à l’âge de 19 ans lorsqu’une reproduction lui en a été montrée sur les bancs de l’université.
Servies par une prose claire et un langage simple, bien construites, joliment ramassées à chaque fin de chapitre, ces réflexions constituent une séduisante invitation à appréhender les oeuvres évoquées en adoptant le regard original de Siri Hustvedt.
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