César. Anthologie par Jean Nouvel

Exposition César à la Fondation CartierL’architecte Jean Nouvel, au sein de la Fondation Cartier pour l’art contemporain qu’il a dessinée, rend hommage au sculpteur César (1921-1998), ami admiré de longue date.
Il a ainsi procédé à une minutieuse sélection d’oeuvres de l’artiste, avant de les mettre en scène de façon magistrale. Navigant dans "ses" murs comme un poisson dans l’eau, l’architecte fait la démonstration qu’il sait efficacement mettre en espace l’intérieur de la "coquille" qu’il a conçue.
Une réussite dans laquelle le goût de Jean Nouvel pour le travail de César y est pour beaucoup, tant il semble avoir fait les bons choix, qu’il s’agisse de la quantité ou de la qualité des sculptures, mises en valeur avec clarté.

En particulier, le coup d’oeil est spectaculaire à l’arrivée au sous-sol, réservé aux Compressions, où l’on découvre un beau "garage" savamment organisé dans ses lignes, ses couleurs et ses matières.
Tout de suite à droite, les premières compressions réalisées dans les années 1960, patinées, apparaissent comme les vestiges d’un travail que l’artiste, trente après, développait différemment. Les sculptures de la fin des années 1990 sont en effet davantage pliées que compactées. Alignées en de superbes camaïeux de couleurs allant des gris aux bleus en passant par les verts, l’or et les rouges, leur douceur et leur laqué donnent envie de toucher, de comparer les textures, notamment avec les oeuvres rouillées, comme poudrées de la deuxième salle : maître du matériau, César créait des sculptures visuellement très évocatrices.

Au rez-de-jardin, un côté est consacré aux impressionnantes Expansions, ces sculptures de mousse de polyuréthane qui rendent le "coulé" de la matière molle. Ici encore, jeu des formes, avec des drapés et des nappages, jeu des couleurs et de la lumière, avec le brillant et l’irisé, mais aussi jeu de l’imagination pour le visiteur. On le voit par exemple hésiter à donner sa préférence à l’oeuvre qui évoque la crème chantilly à celle qui lui rappelle la crème dessert…

Enfin, le troisième espace est dédié aux Empreintes humaines : pouces, seins, mains agrandis sont déclinés à des échelles et dans des matériaux différents (résine de polyester, bronze, cristal de Baccarat, acier, marbre rose…). Les mains ouvertes, magnifiques avec leurs empreintes, justement, ces petites lignes qui courent sur la peau, concluent à merveille cette exposition placée sous le signe de la sensualité.

César. Anthologie par Jean Nouvel
Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, bd Raspail – Paris 14ème
Jusqu’au 28 octobre 2008
TLJ sf le lundi, de 11 h à 20 h, nocturne le mardi jusqu’à 22 h
Entrée 6,50 € (TR 4,50 €)

Image : Herb Ritts, César, Cahors, 1993 © Herb Ritts Foundation

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