L'échange. Clint Eastwood

L'échange, Clint EastwoodLe film est inspiré de cette histoire réelle, qui s’est déroulée à la fin des années vingt à Los Angeles : Walter Collins, neuf ans, fils unique de Christine Collins, une femme célibataire et active, disparaît. Au bout de quelques mois, le Los Angeles Police Department (LAPD), après avoir soigneusement convoqué la presse pour faire montre de son efficacité remet un petit garçon à Christine en affirmant qu’il s’agit de son fils. Mais Christine ne reconnaît pas son Walter. Elle poursuit alors un combat obstiné afin que la police poursuive ses recherches.
L’arrogant LAPD, plus soucieux de son image que d’œuvrer pour la justice, ne l’entend pas de cette oreille et utilise tous les moyens, de la manipulation à l’internement forcé, pour faire taire Christine.
En parallèle, un policier découvre dans un ranch un ossuaire d’une vingtaine d’enfants assassinés par un tueur en série. L’ampleur du crime va contraindre la police à mener jusqu’au bout cette enquête-là. Walter faisait-il partie de ces pauvres victimes ?
De ce fait divers, Clint Eastwood a tiré un mélodrame magnifique. Admirablement classique, maîtrisé, où les séquences s’enchaînent les unes aux autres avec une fluidité narrative extraordinaire malgré la multiplicité des faits. Eastwood déroule l’histoire progressivement, pousse les volets les uns après les autres, sans que jamais le film ne perde une once de souffle, sans que la direction donnée ne soit jamais bâclée ou traitée avec facilité.
Il développe les sentiments avec cette force dénuée de mélo qui n’appartient qu’à lui et montre les faits avec une puissance de frappe qui laisse pantois.
Pour autant, L’échange n’est pas seulement un film sentimental : au delà du déchirement d’une mère privée de son fils, au delà de l’horreur des enfants massacrés, Clint Eastwood souligne tout ce que ce drame recèle de questions sociales et politiques : l’administration corrompue qui gouverne par l’arbitraire, l’intimidation, le harcèlement et la force ; le sort fait aux femmes (le désir d’indépendance considéré comme pure hystérie) ; les traitements ignobles infligés aux malades psychiatriques (ou prétendus tels) ; la demande de sécurité des citoyens moyennant renoncement à certaines règles de l’Etat de droit ; la peine de mort enfin.
Au delà de la splendeur formelle et de la reconstitution historique parfaite, sur tous ces sujets, Clint Eastwood sonne juste et bouleverse ; et fait une fois de plus la preuve qu’il est décidément, loin devant, le plus grand.

L’échange.
Clint Eastwood
Avec Angelina Jolie, John Malkovich, Michael Kelly, Jeffrey Donovan, Jason Butler Harner
Durée 2 h 21

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2 réflexions au sujet de « L'échange. Clint Eastwood »

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