Tsutsugaki au Musée Guimet

Tsutsugaki au Musée GuimetLe Musée Guimet met le Japon à l’honneur cet été avec l’exposition consacrée aux arts de la table autour de l’artiste Rosanjin Kitaoji (1883-1959), poète, céramiste, calligraphe et cuisinier (jusqu’au 9 septembre).

En complément, le Musée présente une exposition dédiée à une autre forme de l’art japonais traditionnel, beaucoup moins connue mais très belle : le tsutsugaki, à fois technique de peinture et œuvres textiles qui en procèdent.

Le tsutsugaki, kézako ?

Par le tsutsugaki (de tsutsu, tube et de gaki, dessin), on apposait sur un tissu de coton ou de lin, à l’aide d’un cône dur, une colle réalisée à base de pâte de riz qui permettait de constituer une réserve avant le bain de teinture d’indigo. Puis on garnissait les motifs ainsi réservés, généralement de couleurs chaudes.
Les pièces de tissu étaient ensuite délicatement assemblées pour réaliser des futons, des kimonos, des paravents, des bannières, parfois de très grande taille, aux coutures invisibles.
Tsutsugaki désigne dès lors aussi ces objets textiles qui apparurent dès le XVIème siècle, connurent leur apogée à la fin de l’ère Edo au XIXème et disparurent progressivement au début du XXème.

A quoi servait le tsutsukaki ?

Art populaire, résultat de savoir-faire associant dessinateurs, artisans et teinturiers, le tsutsugaki avait pour principal objet de porter bonheur à ceux qui le recevaient en cadeau. On en offrait à l’occasion des mariages et des baptêmes, on en ornait les temples lors des fêtes religieuses. Puisqu’on entendait s’assurer de la bonne fortune des bénéficiaires (virilité, descendance, longue vie…), les motifs étaient soigneusement choisis en fonction de leur force symbolique.
Sur de magnifiques fonds indigo, se détachent ainsi en de somptueux jaunes et rouges, des singes, des lions japonais, des dragons, des fleurs de pivoine et de chrysanthème, des branches de prunus…

Une exposition rare

Les pièces présentées, quoiqu’en nombre relativement resserré, sont exceptionnelles : elles proviennent pour partie d’une collection privée japonaise (pour la première fois présentées hors du Japon), pour partie du fonds Krishnā Riboud conservé par le Musée, et complétées d’une oeuvre tsutsugaki que le peintre Léonard Foujita conserva toute sa vie.

Tsutsugaki, textiles indigo du Japon
Une exposition organisée par le musée national des arts asiatiques Guimet et Ueki et Associés
Musée Guimet
6, place d’Iéna- 75116 Paris
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h
Entrée avec le billet des collections permanentes : 7,50 € (TR 5,50€)
Jusqu’au 7 octobre 2013
Visites commentées de l’exposition les sam. et dim. à 14h (durée 1h) sf le 25 août
Plein tarif : 4,20 €, tarif réduit : 3,20 € (hors droit d’entrée), sans réservation dans la limite des places disponibles

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