Le chèvrefeuille. Thierry Sandre

Ce Chèvrefeuille, associé à deux autres courts romans du même auteur, Le Purgatoire et Chapitre XIII d’Athénée, a été couronné par le Goncourt 1924. Il n’a pas laissé un grand souvenir et il est difficile de trouver des arguments pour le sortir de l’oubli, tant son intérêt reste faible, aussi bien du point de vue de l’histoire qu’il raconte que d’une écriture fort banale.

C’est l’histoire de Maurice, poilu de la guerre de 14-18 qui laisse ses pièces d’identité sur le corps d’un soldat tombé au combat à côté de lui. Il passe donc pour mort et laisse une jeune veuve, bien sûr inconsolable. Le narrateur est un ami de jeunesse de Maurice, qui entretient de vagues espoirs à propos de Marthe.

Coup de théâtre dans la deuxième partie du roman : la réapparition de Maurice, des années après la fin de la guerre. Il veut expliquer à son ami la raison de sa disparition. C’est que tout simplement son épouse était trop « crampon », jalouse, et que le retour au foyer était pour lui inenvisageable. C’est un poème qui a inspiré l’image du chèvrefeuille :

« Il dit que Tristan est venu

Qu’il a bien longtemps attendu (…)

Qu’il ne saurait vivre sans elle

Qu’il en sera de lui et d’elle

Tout ainsi que le chèvrefeuille

Qui noue au coudrier sa feuille ».

Maurice arrive à convaincre son ami qu’il aime toujours son épouse et il lui demande de la préparer à son retour. Mais Marthe s’est envolée avec un nouveau mari…

Le thème de ces centaines de milliers de veuves après la Grande Guerre aurait mérité de plus heureuses inspirations romanesques. Mais l’auteur est enfermé dans une vision plutôt misogyne : « L’amour a pour elles plus d’importance que pour nous : il est le fond même de leur vie. Elles ne peuvent pas oublier celui qui le leur révéla. Tous les psychologues sont d’accord sur ce point ».

Le jurés du Goncourt, cette année-là, ont préféré l’œuvre de Thierry Sandre à celle de Maurice Genevoix ou de Henry de Montherlant.

Andreossi

Le chèvrefeuille. Thierry Sandre

 

 

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