Dream-Time. Temps du rêve aux Abattoirs à Toulouse

Exposition à Toulouse, les Abattoirs, DreamtimeOn peut commencer la visite par entrer dans la grotte de Xavier Veilhan.
Si la structure extérieure paraît étrange, hérissée de liteaux de bois, l’intérieur est tout à fait une grotte : on s’arrête dans la très faible clarté avant de traverser en silence et lentement.

L’idée du musée des Abattoirs est très alléchante : une exposition en diptyque qui se présente en même temps (avec des œuvres différentes mais les mêmes artistes) dans la grotte du Mas d’Azil en Ariège et au musée d’art contemporain toulousain.

Avant de parcourir les quelques 80 kilomètres qui séparent les deux sites, poursuivons la visite devant les peintures et totems aborigènes. Car c’est sous la thématique du temps du rêve des Aborigènes d’Australie que nous découvrons comment les artistes d’aujourd’hui évoquent l’univers de la grotte.
Les peintures aborigènes, schématiques, aux cercles concentriques ou cheminements sinueux, aux couleurs souvent de terre, sont habiles à rappeler le monde onirique. Les préhistoriques d’Ariège rêvaient-ils les animaux qu’ils dessinaient sur les parois ? Sans doute, et Pascale Marthine Tayou reprend un thème fréquent de l’art pariétal paléolithique : ses animaux dessinés sur les murs sont parsemés de sexes masculins érigés, et son évocation de dessins de Picasso nous fait penser que lui-même s’est inspiré des images de la préhistoire. L’artiste a dressé des totems aux têtes de poupées en tissu fichées sur des pattes en pâte de verre, le tout hissé sur des troncs d’arbre verticaux.
David Altmejd a pris le contre-pied de l’obscurité naturelle des profondeurs. Tout est construit en miroirs : grands panneaux pour les parois, personnages de plusieurs mètres de haut constitués de fragments de miroirs, ou constructions géométriques complexes toujours terriblement réfléchissantes. Cet univers hyperlumineux peut renvoyer à ces grottes où la calcite miroitante se révèle à la lumière des lampes.

Une des plus intéressantes installations est celle de Charley Case : une modeste caravane toute noire est encadrée de murs sombres aux reproductions de dessins de la préhistoire. Des petites fenêtres présentent des vidéos pendant que le bruit caractéristique de gouttes d’eau qui tombent avec de l’écho nous entête. Au-dessus, la voie lactée. La caravane apparaît comme le lieu d’arrivée, au fond de la grotte, et devient le point de départ pour un autre univers. Une sorte de fenêtre fente nous permet de voir, sur le plancher de la caravane, la vidéo d’une femme sur qui l’eau passe.

D’autres artistes, et non des moindres ont laissé des traces ici : Miquel Barcelo par l’humour, Paul-Armand Gette par l’érotisme, Jean-Luc Parant par les boules, bien sûr. Mais on retiendra particulièrement le travail de Serge Pey, poète performeur, qui a dressé plusieurs groupes de ses bâtons où sont écrits ses textes quasi microscopiques. Sur les murs, des reproductions des bisons d’Altamira ou du sorcier des Trois Frères, mais surtout l’histoire écrite à la main de la « Venus Hottentote », devenue Saartje Baartman et exhibée devant les foules européennes au début du 19ème siècle, disséquée ensuite par Cuvier… Nous avons commencé par le temps du rêve aborigène et finissons par le rêve cauchemar occidental.

DreamTime – Temps du Rêve
Grottes, Art Contemporain & Transhistoire
Jusqu’au 30 août 2009
les Abattoirs, 76 allées Charles-de-Fitte – 31300 Toulouse
Tel. 05 62 48 58 00
M° Saint-Cyprien République, bus : n°1, arrêt les Abattoirs
Vélo Toulouse : 2 stations à quelques dizaines de mètres du musée
Parking Roguet, place Roguet, 2 places handicapés réservées rue Charles Malpel
Mercredi, jeudi et vendredi de 10 h à 18 h, samedi et dimanche de 11 h à 19 h
Du 8 juillet au 6 septembre 2009 du mercredi au dimanche de 11 h à 19 h
Gratuit le 1er dimanche de chaque mois
Entrée 7€ / 3,5€, demi-tarif sur présentation du ticket de l’exposition du Mas d’Azil
Gratuit le 1er dimanche de chaque mois.

Grotte du Mas-d’Azil (09)
Du 16 mai au 14 novembre 2009
Ouvert tljs 10h-12h / 14h-18h – Eté : 10h-18h

le site des Abattoirs

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Gérard Pesson : Pastorale au Châtelet

Pastorale, Pesson, Sorin, Le ChâteletMêler à l’opéra la variété issue de la Star Académie est une entreprise audacieuse, qui s’expose aux risques de ridicule et de prétention, un peu comme sortir l’argenterie et le linge damassé pour servir du fast-food. Ces risques là, Gérard Pesson les a pris, en créant Pastorale, donnée ces jours-ci en première au théâtre du Châtelet à Paris. (1)

Le livret est inspiré de L’Astrée d’Honoré d’Urfé, roman-fleuve du XVIIème siècle décidément revenu à la mode puisqu’il avait déjà inspiré en 2007 un très beau film à Eric Rohmer ("Les Amours d’Astrée et de Céladon").
Dans l’oeuvre d’Urfé, l’histoire est celle d’aristocrates endossant l’habit de bergers pour jouer aux jeux de l’amour, avec pour personnages centraux la belle Astrée et le jeune Céladon qui s’aiment et se fuient sans fin, trahisons et souffrances à la clé.

Dans Pastorale, ce sont de jeunes candidats à un jeu de télé-réalité qui se mettent dans la peau de bergers, entourés d’assistants et guidés par le druide Adamas.
Lookés façon néo-babas-cools, les jeunes partent donc chercher le bonheur dans de vertes prairies, dans une nature close et idéalisée, rejouant une fois de plus le mythe de l’Eden retrouvé. Les amours d’Astrée et de Céladon, quant à elles, assurent – a minima – la structure narrative de l’opéra.

Ce mélange d’inspirations (la littérature et la télé-réalité) pèse hélas sur la cohérence du spectacle et en brouille la lisibilité. Le livret est révélateur de ces contradictions (pas moins de quatre auteurs y ont d’ailleurs participé) : d’une écriture courte et erratique, il hésite entre prosaïsme et poésie, entre simple envoi de messages et romanesque, sans qu’aucune force ne parvienne à le faire décoller.
La cohabitation de voix lyriques et de la chanson est bien de ce tonneau-là, alliage quelque peu improbable, et grande est la menace – non totalement exécutée toutefois, fort heureusement – de voir la représentation sombrer du mauvais côté de la comédie musicale genre cucul-commercial. Quant à la chorégraphie, sortie de l’imagination, visiblement très limitée, de Kamel Ouali, elle semble appartenir à la même école artistique que les costumes : agitée à trop vouloir être jeune, banale à trop vouloir être à la mode.

Ça, c’est tout ce qui peut agacer. On passe pourtant une très bonne soirée. Et il y a de quoi : la musique de Gérard Pesson, que l’on range d’habitude du côté du bizarre et de l’intime, déploie dans cette ambiance pastorale et contemporaine tout ce qui en fait le charme. Ses couleurs variées et ses déclinaisons de formes infinies révèlent de magnifiques harmonies. Elles sont jouées avec de vrais instruments autant qu’avec toutes sortes d’objets domestiques et font la part belle aux pépiements d’oiseaux, bruits d’eau, respirations, bruissements (et déchirements) de feuilles…
La scénographie / mise en scène est signée du grand vidéaste Pierrick Sorin. Faite notamment d’images tournées directement à partir de maquettes posées sur scène et projetées sur grands écrans, elle fourmille d’inventivité, de surprises et bien souvent d’humour. Plein de vie et des plus plaisants, ce cadre visuel joue un rôle prépondérant dans le spectacle.
Finalement, la très bonne idée de cette Pastorale est certainement l’association Pesson – Sorin. A tous les deux ils sont capables de créer une telle poésie et une telle modernité que l’on ne voit pas bien pourquoi il a fallu aller chercher du côté de la télé et de la variété pour tenter d’enrichir le programme. Ce jeunisme quasiment affiché frôle la démagogie et encombre un spectacle dont la seule présence de grandes voix lyriques sobrement dirigées aurait à coup sûr garanti le succès. On peut rêver à un nouveau casting : ce serait la Pastorale II.

Pastorale
Gérard Pesson
Opéra en quatre actes et quarante-deux numéros
Théâtre du Châtelet – 1 place du Châtelet, 75001 Paris
Renseignements : 01.40.28.28.00
Jusqu’au 24 juin 2009, à 20 h
Durée : 2 h 25 avec entracte
Places de 15 € à 90 €

Livret : Martin Kaltenecker, Philippe Beck et Gérard Pesson, avec la collaboration de Hervé Péjaudier
d’après L’Astrée d’Honoré d’Urfé (1607-1627)
Création scénique mondiale
Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène, vidé, décors, costumes et lumières : Pierrick Sorin
Chorégraphie : Kamel Ouali
Astrée Judith Gauthier
Céladon et Alexis Olivier Dumait
Listandre Ivan Geissler
Adamas Marc Labonnette
Silvandre Pierre Doyen
Florice et Sylvie Marie-Ève Munger
Phillis Hoda Sanz
Diane Raphaelle Dess
Une bergère Melody Louledjian
Une bergère et Léonide Amaya Dominguez
Une bergère et Galathée Sophie Leleu
Hylas Jean-Gabriel Saint-Martin
Lycidas Thomas Huertas
Orchestre symphonique Région Centre-Tours
Chœur du Châtelet

(1) Pastorale est une commande de l’Opéra de Stuttgart, où l’oeuvre a été créée en version de concert en mai 2006. Pour cette création scénique, le Théâtre du Châtelet a passé commande à Gérard Pesson de deux nouvelles chansons, écrites par Adrien Léveillé et destinées à Diane et Phillis.

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La Grande Magie à la Comédie-Française

La Grande Magie à la Comédie-Française, De Filippo
La salle Richelieu de la Comédie-Française se remplit jusqu’aux poulaillers d’un large public, traditionnels retraités, jeunes couples, familles avec enfants. La soirée ne décevra pas : la vénérable institution donne ici un spectacle agréable et d’honnête facture.

Ecrite en 1948 par le dramaturge italien Eduardo De Filippo – très connu dans son pays, moins en France – la pièce tient sur le papier en peu de phrases. Dans une station balnéaire, un homme très jaloux, Di Spelta, voit son épouse disparaître dans un sarcophage au cours d’un numéro de prestidigitation. La belle s’est dans les faits enfuie avec son amant ; Marvuglia, le magicien, persuade le mari qu’elle se trouve dans une petite boîte : cette boîte lui rendra son épouse dès qu’il l’ouvrira, si et seulement si, en le faisant, il a suffisamment confiance en elle…

Si la prestidigitation repose sur l’apparence, si ses tours se jouent de ce que nos yeux peuvent voir et ne voir point, la pièce montre que la magie, pour survivre aux lois sensorielles, est avant tout affaire de mots (c’est avec de belles phrases que Marvuglia et ses complices emberlificotent le pauvre mari trompé) et tout autant affaire de croyance. Si Di Spelta, pour retrouver sa femme, préfère se vautrer dans l’illusion, c’est que cet être sans foi ni rêve au départ trouve son compte dans les fables dont on le berce et auxquelles il finit par tenir plus qu’à la réalité…

Charmant décor d’opérette, chic des costumes des années 1940, jeux de lumière, de musique et de rideau créent le spectacle dans le spectacle, tandis que deux très grands comédiens déploient tout leur talent : Hervé Pierre interprète le magicien qui en jette, tonitruant, attachant mais roublard ; Denis Podalydès joue Di Spelta, anxieux, orgueilleux humilié, torturé et tortionnaire, très mélancolique dans le fond. Deux rôles que chacun d’eux incarne à la perfection. En revanche certains personnages secondaires – les femmes en particulier – sont soit un peu pâles, soit au contraire dans un excès superflu.

Le théâtre populaire est peut-être celui qui exige le plus talent dans la mise en scène comme chez les comédiens. Cette proposition-ci, signée de l’anglais Dan Jemmett appelle bien peu de réserves.

La Grande Magie
d’Eduardo De Filippo
Comédie Française
Salle Richelieu – place Colette, Paris Ier
Tél. : 0 825 10 16 80
Places : de 5 à 37 €
Horaires : lun., sam. et dim. à 14 heures et 20 h 30 et du mar. au vend. à 20 h 30
Durée : 1 h 50
Jusqu’au 19 juillet, puis reprise à la rentrée partir du 7 octobre 2009
Mise en scène : Dan Jemmett
Texte français : Huguette Hatem
Avec Claude Mathieu, Michel Favory, Isabelle Gardien, Cécile Brune, Alain Lenglet, Coraly Zahonero, Denis Podalydès, Jérôme Pouly, Loïc Corbery, Hervé Pierre
et Judith Chemla

Photo © Pacome Poirier / Wikispectacle

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Le jardin de Monet à Giverny : l'invention d'un paysage

Le bassin aux nymphéas à GivernyA Giverny dans l’Eure, le musée des Impressionnismes – installé dans les murs de l’ancien Musée d’Art Américain, à proximité des jardins de Claude Monet – présente sa toute première exposition.
S’appuyant sur des photographies, lettres, documents administratifs (notamment une lettre du préfet autorisant le peintre aménager un bras de l’Epte pour y créer son bassin aux nymphéas), elle retrace l’installation des célèbres jardins du père de l’impressionnisme.
Complétée d’une vingtaine de très beaux tableaux de l’artiste, elle rend compte de quelques unes des recherches picturales développées par Claude Monet à Giverny.

Le parcours montre bien les deux processus créatifs qui s’y sont succédés : d’abord l’aménagement du "modèle" (le jardin à la française, suivi du bassin aux nymphéas, d’inspiration plus orientale, avec son illustre pont japonais), puis l’élaboration de l’oeuvre peinte.
Monet attendra que les décors végétaux, et la pièce d’eau dans un second temps, soient en place avant de se mettre à les peindre. Cette entreprise de passion – Monet était fou de jardins -, amorcée en 1883 avec son arrivée à Giverny alors qu’il avait 43 ans ne s’achèvera qu’à sa mort en 1926. Elle trouvera un déploiement et un aboutissement spectaculaire avec la merveilleuse suite des Nymphéas réalisée pour l’Orangerie à Paris.

Avant d’arriver à ce résultat aux limites de l’abstraction, et depuis ses toiles impressionnistes du XIXème, l’évolution de l’oeuvre de Monet est bien lisible à travers les tableaux présentés ici : on y observe un travail de plus en plus précis sur la manière de transposer les changements de lumière, le fouillis et les couleurs du végétal, la transparence, les reflets et le miroitement de l’eau.

Giverny, les jardins de Claude MonetProlongement naturel ou introduction à cette didactique exposition, une promenade dans les jardins de Monet tout à côté nous plonge au cœur des paysages savamment et patiemment construits par l’artiste et ses nombreux jardiniers.
Une balade courte mais si belle que l’on prend le temps, en s’arrêtant à chaque changement de perspective, d’admirer les massifs d’iris et de roses et de mille autres espèces, le petit étang et ses saules si émouvants, le pont sous lequel s’étalent les nénuphars… Une visite qui permet aussi de renouveler son regard sur l’oeuvre de Monet, de l’apprécier mieux encore, rendue ainsi beaucoup plus vivante et attachante.

Le jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage Jusqu’au 15 août 2009
Musée des Impressionnismes
99, rue Claude Monet – Giverny (27)
Tel. : 02 32 51 94 65
TLJ de 10 h à 18 h (jusqu’au 13 juillet)
TLJ sf le lun. de 10 h à 18 h (du 14 juillet au 31 octobre)
Entrée 5,5 € (TR 3 € et 4 €)
Gratuit le premier dimanche du mois

Du 23 août au 31 octobre 2009, le musée des Impressionnismes accueillera une exposition consacrée à Joan Mitchell, peintre de l’abstraction lyrique qui a vécu à Vétheuil, tous près de Giverny

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Paris en toutes lettres : le Barthes de Chantal Thomas

Le Barthes de Chantal Thomas, Paris en toutes lettres"C’est curieux de venir dans ce lieu pour écouter autre chose que de la musique…" dit Chantal Thomas avec un petit sourire, en s’installant avec ses livres à une table minuscule.
A 11 h ce samedi, sous le plafond à caissons doré du foyer du théâtre du Châtelet, une poignée de doux furieux écoutaient l’auteur des Cafés de la mémoire venue se livrer à un exercice d’admiration consacré à Roland Barthes.

Lorsqu’on lit ou écoute Chantal Thomas, une intelligence limpide se dégage de chaque phrase, non pas celle d’un savoir désincarné, mais celle d’un être excité par la littérature et par la vie et qui, à la voir, si frêle et si simple, semble irradier autour d’elle avec une force irrésistible.

Ce matin, pendant une petite heure, elle a fait revivre le temps et la géographie de Roland Barthes, en ce qu’elle appelle "une ligne de vie et une ligne d’écriture" qui se sont rejoints avec Fragments d’un discours amoureux puis La Chambre claire, moments ou Barthes est arrivé au point intime entre lui et son écriture, bien loin de sa thèse Système de la mode, où le monde qu’il voulait explorer, féminin, était trop fascinant pour ne pas s’en tenir à distance.

Si la géographie de l’auteur de Mythologies est Paris et le Sud-Ouest, son temps est "celui des années 1970, un temps de l’intelligence, qui n’est donc pas celui d’aujourd’hui…".
Chantal Thomas a suivi le séminaire de la rue de Tournon (donc avant l’époque du Collège de France), où une dizaine d’étudiants se réunissaient autour du célèbre écrivain. Barthes était "dans cette ferveur d’intelligence qui embrasait tout le monde, et en même temps un peu en rupture, dans une douceur qui démarquait son séminaire de ceux de Lacan, de Deleuze, de Foucault". Pendant ses cours, lorsqu’il s’arrêtait pour réfléchir, le silence surgissait parfois, et se dégageaient alors "un sentiment de fragilité, de panique, un sentiment de "au dessus du vide", qui est celui de l’écriture ; et en même temps une grande fraîcheur."

Dans l’intimité de cette pièce mansardée, où s’imposait la voix mate et ouatée du maître, se mêlaient deux ouvertures sur l’aventure : "cet art inconnu de l’écriture" (transmission sur laquelle il gardait un silence complet, se refusant à faire semblant de dire ce qu’il fallait faire, "le degré zéro de la démagogie" résume Chantal Thomas), mais aussi une circulation du désir, entre les élèves, et entre eux et Barthes. A la clarté d’un enseignement socratique "s’enchevêtrait le flirt, ce qui donnait une touche romanesque au séminaire".
Au détour d’une réponse à un spectateur sur la question de la (non-)place de la jouissance chez le sémiologue, Chantal Thomas dit que le contact avec Barthes a été pour elle "un rapport avec une adolescence, une incapacité à vivre une vie d’adulte, une utopie réalisée" : grâce à lui, elle n’a "jamais franchi le pas d’un mode de vie responsable, tourné vers l’organisation, la reproduction". Elle a appris auprès de lui que "le flirt était une valeur sûre ; une valeur démodée, sans utilité, mais si barthésienne… peut-être une façon de le perpétuer aujourd’hui".

Et si l’auteur de Journal de deuil fait partie des rares sémiologues de l’époque lus encore aujourd’hui, c’est sans doute parce qu’il était passionné par le langage, parce qu’il avait une confiance absolue dans la phrase, dans la syntaxe, le mot juste. Pour qu’un savoir porte, disait-il, il faut qu’il ait le sel des mots. Il n’y a pas eu "d’école Barthes", car il ne voulait transmettre ni corpus ni méthode. Ce qu’il transmettait, se souvient Chantal Thomas, c’était "un goût du savoir qui pénétrait l’intelligence". "Toutes ses lignes sont prises dans la volonté de comprendre, ce qui est un plaisir entier, un plaisir sensuel", ajoute-t-elle.

Sans doute aucun, le goût de ce plaisir-là, Chantal Thomas l’a magnifiquement communiqué à son public ce matin.

A lire : Chantal Thomas, Cafés de la mémoire (Editions du Seuil, 2008, 352 p., 20 €), qui se termine par sa rencontre avec Roland Barthes

Paris en toutes lettres se poursuit jusqu’à lundi, voir le billet du 3 juin 2009.

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Paris en toutes lettres. Première édition

Festival Paris en toutes lettres, première éditionQuoi de neuf à Paris en ce beau mois de juin ? Un festival littéraire ! Du 4 au 8 juin, Paris fera la fête à la littérature pendant cinq jours avec cette toute première édition de Paris en toutes lettres.
Le programme met en appétit. Extraits.

Un parcours à travers Paris et ses auteurs autour de textes qui évoquent la capitale : des écrivains contemporains (Jacques Roubaud, Chantal Thomas, Nancy Huston…) parlent des auteurs du passé (Raymond Queneau, Roland Barthes, Anaïs Nin…) et des comédiens en lisent de grands textes (Laurent Poitrenaux / Georges Perec, Julie Depardieu / lettres de Violette Leduc, Benoît Poelvoorde / Emmanuel Bove…), tandis qu’Olivier Rolin, Daniel Pennac, Eric Reinhardt, Emmanuel Guibert et bien d’autres participent à des lectures-rencontres.

A suivre aussi : la Comédie-Française sur le pont des Arts ; le bus "Exercices de style de Raymond Queneau" ; des promenades littéraires autour de Picasso, Ernt Jünger, Hélène Berr… Et, samedi 6, une soirée Modiano au Centquatre et sur France Culture.

Des hommages aux voix étrangères d’hier et d’aujourd’hui avec Atiq Rahimi, Go Xingjian (Prix Nobel de littérature 2000), Alain Mabanckou… Egalement, des conférences et des débats sur le thème de l’hospitalité, notamment un débat sur le thème L’Europe, terre d’hospitalité littéraire ? avec Pierre Bergounioux et Jorge Semprun dimanche 7 à 18 h à la Cité européenne des Récollets.

Plus largement, des scènes ouvertes à la littérature contemporaine, pour donner à tous l’envie de lire : des lectures-rencontres avec des auteurs (Pierre Guyotat, Tanguy Viel, Stéphane Audeguy, Emmanuel Carrère…), mais aussi des chanteurs (Thomas Fersen, Brigitte Fontaine…).

Sont programmées des manifestations dans les bibliothèques de la Ville de Paris (notamment pour la jeunesse), qui proposeront également un parcours Boris Vian à l’occasion du cinquantenaire de sa mort.

Libraires et bouquinistes s’associent aussi à l’événement. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (pour Paris, 15 promenades sociologiques, aux éditions Payot) seront à la Librairie Compagnie rue des Écoles dans le 5° jeudi 4 à 18 h, Daniel Pennac au Dragon savant rue de la Villette dans le 19° samedi 6 à partir de 17 h…

Toutes les manifestations (sauf exception) sont en accès libre et sans réservation, dans la limite des places disponibles.

Pour en savoir plus : le site Culture de la Ville de Paris

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Proust ou les intermittences du coeur

Ballet de l'Opéra, Roland Petit, Proust ou les intermittences du coeur
Roland Petit s’est toujours attaché à mettre en lien la danse et la littérature.
En 1974, celui qui allait rester à la tête du Ballet national de Marseille pendant vingt-six ans créé à l’Opéra de Monte-Carlo Proust et les intermittences du cœur.
Il est alors le premier à proposer une adaptation chorégraphique de La Recherche.
En 2007, le ballet entre au répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris. Sa reprise cette saison est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir ce magnifique spectacle.

Accompagné d’un choix séduisant de compositeurs du XIXème, les deux actes réunissant au total treize tableaux sont dédiés successivement aux univers féminins puis masculins du roman. Après une ouverture sur le clan Verdurin – esprit duchesse de Guermantes, ce qui est déjà un programme en soi – Roland Petit s’attèle à ce qui constituera le fil conducteur de sa "lecture dansée" de Proust : les passions.

L’évocation de la sonate de Vinteuil – cette phrase musicale devenue pour Charles Swann symbole de l’amour – surgit d’un splendide duo, tendre, fluide, à l’épure émouvante. Viendront ensuite les aubépines de l’enfance du narrateur et sa prime passion pour Gilberte, puis Balbec et ses jeunes filles en fleur et, déjà, les soupçons quant aux amours d’Albertine et Andrée. Son incurable jalousie conduira le narrateur à faire d’Albertine sa prisonnière. Ce dernier tableau La regarder dormir, se clôturant sur la disparition d’Albertine, extrêmement métaphorique, est d’une splendeur à couper le souffle.

Tout au long de ce premier acte, la délicatesse puis la force des sentiments, mais aussi la finesse d’écriture de Marcel Proust sont merveilleusement transposés, tandis que les costumes et les décors (que Roland Petit a fait recréer pour l’entrée du ballet au répertoire de l’Opéra de Paris), où dominent blancheur et transparence illustrent élégamment le propos.

La deuxième partie nous plonge dans l’univers tourmenté des hommes et du vice, notamment celui du terrible baron de Charlus, sempiternellement aux prises avec ses passions et ses démons. Un acte beaucoup plus sombre, où la duplicité de Morel, le jeune violoniste dont Charlus est amoureux fou s’incarne dans un contraste de noir et de blanc, où les maisons de plaisir apparaissent dans un classique rouge et noir, où le supplice du baron est teinté de gris.
L’obscurité de la ville privée de ses lumières pendant la guerre donne lieu à un tableau de corps dénudés en ombres chinoises d’une troublante beauté.
Enfin, sur une musique de Wagner, survient "Cette idée de la mort…", ballet macabre où les mondains hier si brillants apparaissent comme de pauvres automates dont les années ont figé les traits, où la duchesse de Guermantes elle-même se révèle dans toute sa vanité, où le narrateur, face au miroir que constitue cette société réalise que le temps a passé et que la mort ne va pas tarder.

Proust ou les intermittences du cœur
Chorégraphie et mise en scène : Roland Petit
Musiques : Ludwig van Beethoven, Claude Debussy, Gabriel Fauré, César Franck, Reynaldo Hahn, Camille Saint-Saëns, Richard Wagner
Décors : Bernard Michel, cosumes : Luisa Spinatelli
Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction musicale : Koen Kessels
Opéra national de Paris
Palais Garnier – Place de l’Opéra, Paris 2ème (tel. : 08 92 89 90 90)
M°Opéra, bus 20, 21, 22, 27, 42, 66, 68, 81, 95
Du 27 mai 2009 au 8 juin 2009
Tous les jours sauf le dimanche à 19 h 30
Places de 6 € à 85 €

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Commémoration de la Retirada : expositions Joan Jordà dans l'Aude

Expositions Joan Jorda à Montolieu et CarcassonneDe fin janvier à début février 1939, près d’un demi-million de Républicains fuient l’Espagne, où la victoire de Franco – soutenu par les régimes totalitaires allemands et italiens – a sonné le glas de la 2ème République.
La France n’est pas préparée à les accueillir et, lorsque la plupart d’entre eux arrivent en Languedoc-Roussillon, tandis que les femmes et les enfants sont répartis dans des centres d’hébergement, les hommes sont groupés sur les plages du Roussillon (à Argelès-sur-mer notamment) à même le sable en plein hiver. Ils sont ensuite internés dans différents camps dans le sud de la France. Beaucoup de ces exilés sont enrôlés dans des Groupements de Travailleurs Etrangers, certains sont déportés vers les camps d’extermination nazis. D’autres s’engagent dans la Résistance Française.

Soixante dix ans après, d’octobre 2008 à l’été 2009, la région Languedoc-Roussillon a voulu commémorer la Retirada (Retraite en espagnol), en encourageant la recherche historique et en organisant des manifestations avec les partenaires associatifs et institutionnels, afin que le passé ne soit pas oublié, et transmis aux jeunes générations.

Montolieu dans l’Aude (aujourd’hui, village du Livre et des Arts graphiques – véritable paradis des bibliophiles en terre cathare) hébergea l’un de ces camps. A son emplacement, outre quelques cachots, on peut y lire une plaque inaugurée le 11 avril dernier : "Ici dans l’ancienne usine furent internés du 30 février au 2 septembre 1939 des Républicains espagnols (au moins 400 détenus) fuyant le fascisme franquiste. Passant souviens-toi."

Expositions Joan Jorda dans l'AudeAgé de dix ans lors de la Retirada, Joan Jordà connaît l’exil, le dénuement, les camps et l’éclatement de la famille. Il se fixe définitivement à Toulouse en 1945. Pratiquement en auto-didacte, il se lance dans la peinture dès 1947. Sa première exposition personnelle, en 1976, montre son engagement dans la dénonciation de la violence des pouvoirs dictatoriaux. Egalement sculpteur, il créé pour la ville de Toulouse le mémorial en bronze L’Exode des Républicains d’Espagne. Il a aussi illustré des ouvrages de Joseph Delteil, Miguel Hernandez, Arthur Rimbaud…

On peut voir les différents aspects de son travail à travers deux expositions complémentaires, à Montolieu et à Carcassonne, la première consacrée aux œuvres sur papier et la seconde aux toiles, sculptures et livres illustrés.
Si certaines œuvres sont abstraites, la plupart des figurations sont des scènes de souffrance, d’enfermement ou d’exil. Les corps des hommes comme ceux des animaux sont brisés, désarticulés ou ligotés. L’œil est effrayé et on croit entendre des cris s’échapper des bouches.
Dans les thématiques et dans certaines compositions, on pense au Picasso de Guernica, alors que la manière, larges aplats, peu de volumes, parfois couleurs pures, cernes noirs, évoque Miró. Quoi d’étonnant à ce que le peintre, qui s’inscrit dans l’Histoire, soit influencé par ses compatriotes, eux-mêmes marqués par leur culture nationale ? On retrouve ainsi chez Jordà la présence de la tauromachie, mais surtout des oppositions, des luttes et la thématique du chaos, dans une recherche de sens et d’humanité qui lui est propre et qui fait de ses peintures des œuvres fortes et émouvantes.

Joan Jordà, Oeuvres sur papier
Jusqu’au 30 septembre 2009
Musée des Arts et Métiers du Livre
Rue de la Mairie – 11170 Montolieu (Tel. 04 68 24 80 04)
Du lun. au sam. de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h
Le dim. de 14 h à 18 h
Entrée libre
Joan Jordà, Peintre et sculpteur
Jusqu’au 13 juin 2009
Centre Joë Bousquet et son Temps
53, rue de Verdun – 11000 Carcassonne (Tel. 04 68 72 50 83)
Du mar. au sam. de 9 h à 12 et de 14 h à 18 h
Entrée libre

A paraître : Joan Jordà, Peintre et sculpteur (coédition Centre Joë Bousquet et son Temps / Association Montolieu Village du Livre et des Arts graphiques), 112 p. sur papier ivoire, souscription 10 € au Centre Joë Bousquet et son Temps

Programme des manifestations organisées pour la commémoration de la Retirada sur le site de la région Languedoc-Roussillon

Voir également le billet consacré au livre de Jordi Soler "Les exilés de la mémoire".

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Cai Guo-Qiang : Je veux croire au Guggenheim à Bilbao

Le musée Guggenheim à BilbaoL’étonnement tient d’abord à l’architecture de Frank O. Gehry : certaines photos peuvent faire croire à un monstre de métal.

Les écailles miroitantes qui recouvrent la structure annulent l’effet métal, et la forme qui ne renvoie pourtant à aucune forme pré définie efface l’effet monstre.

Avant d’entrer, déambulez le long du Nervión qui coule aux pieds du musée, remontez vers le parvis où est assis le grand chien végétal, de façon à capter les métamorphoses des volumes proposés par Gehry.

A l’intérieur, Richard Serra nous plonge dans la Matière du Temps. Sept énormes sculptures faites de plaques d’acier invitent à déambuler autour, dedans, à se perdre dans des univers où les parois se mettent à pencher dangereusement, à déformer les sons, à figurer des villes fantomatiques grâce à l’activité des oxydes sur les surfaces. Dans une salle à côté, on découvre les maquettes de Serra : les formes sont étonnamment simples, et banales, et c’est bien la monumentalité des plaques d’acier qui nous renvoie à notre dimension petitement humaine.

Cai Guo-Qiang à BilbaoLes expositions temporaires nous proposent des œuvres de Cai Guo-Qiang, artiste chinois connu pour ses feux d’artifice déployés au cours de la cérémonie d’inauguration des derniers Jeux olympiques, et de Takashi Murakami, peintre Japonais représentant de la génération néo-pop. Seules certaines œuvres du premier nous ont arrêté.

Cai Guo-Quiang est un artiste du feu. Des vidéos, hélas souvent projetées sur des écrans trop exposés à la lumière qui rendent les images bien ternes, montrent sa passion pour les flammes qui courent, (sur la Muraille de Chine), les feux qui embrasent (le drapeau rouge à Varsovie), la fumée qui se déploie (un sombre arc en ciel). Il fait aussi dessiner le feu, en enflammant la poudre à canon disposée sur de grands panneaux de papier marouflé.
Ses installations peuvent être particulièrement spectaculaires. Sa thématique privilégiée ressurgit à travers ces 8 voitures blanches, comme jetées dans les airs, desquelles partent des bouquets de feu d’artifice en tubes fluorescents.

De plein fouet, Cai Guo-QiangCe sont celles qui témoignent d’un autre registre, celui de la longue durée, qui provoquent davantage de méditation. « De plein fouet » : 99 loups se précipitent en un grand bond contre une paroi vitrée, en ressortent plus ou moins assommés, et repartent, à terre, d’où ils viennent. Si les 99 loups sont figés dans leur mouvement, l’ensemble est perçu comme dynamique, et on entend presque le choc contre le verre.

« Réflexion ? Un cadeau d’Iwaki », est l’œuvre la plus sensible : une vieille et grande barque a été déterrée d’un marécage japonais par la population locale. Il en reste une charpente élaborée, puissante et en même temps défaite. Les clous qui tenaient les chevrons dépassent, les rafistolages en fer montrent combien cette barque a vécu. Elle est à moitié recouverte par des débris de porcelaine blanche, comme si son chargement ancien s’était répandu à l’échouage. Une vie rude de marins s’évade de l’installation et nous atteint.

Musée Guggenheim
Avenida Abandoibarra, 2 48001 Bilbao – Espagne
L’exposition Cai Guo-Qiang : Je veux croire est visible jusqu’au 6 sept. 2009
et l’exposition © Murakami jusqu’au 31 mai 2009
Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 20 h

Sur le travail de Richard Serra, voir aussi  »Promenade » – Monumenta 2008

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Echauffements climatiques au Théâtre Fontaine

Echauffements climatiques, théâtre FontaineDans un petit immeuble parisien appartenant à une dame d’âge certain mais encore très alerte à bien des égards, Géraldine débarque avec le projet (et l’idée fixe, car son diplôme en dépend) de transformer ce nid de plomb et d’amiante en un modèle d’immeuble écologique.

La propriétaire n’est pas contre… une fois calculé que les subventions de l’Ademe pouvaient rembourser son redressement d’ISF. Mais tous les résidents n’auront pas la même motivation pour trier leurs déchets, prendre leur douche à heure fixe, ou risquer de se cogner la tête contre l’éolienne en ouvrant les volets.

Heureusement, pour soutenir les efforts de notre candidate au Master de Dévoloppement durable, Jean-Marc Bidet, prof de SVT, se montre lui aussi concerné par l’avenir de notre planète…

Echauffements climatiques est la nouvelle pièce de Sylvie Audcoeur et Olivier Yéni, les auteurs de Court sucré ou long sans sucre et de 1-2-3 Sardines. La mise en scène est assurée par Xavier Letourneur, dont le travail pour J’aime beaucoup ce que vous faites a été un tel succès qu’après 1 400 représentations, la pièce est encore à l’affiche à la Comédie Caumartin.

Au milieu d’un décor d’une simplicité géniale, les comédiens jouent à fond un registre qu’ils connaissent par cœur, celui de l’humour.
Les répliques fusent comme il se doit dans ce type de soirée, air du temps "écolo-concerné" en plus, et plaisir de la troupe tout à fait au rendez-vous.
Dans le rôle du professeur gentil mais maladroit, aimant mais repoussé, bref, du tendre qui s’endurcira, Dominique Bastien est excellent et contribue largement à l’hilarité de la salle d’un bout à l’autre du spectacle.

Echauffements climatiques
Une pièce de Sylvie Audcoeur et Olivier Yéni
Mise en scène : Xavier Letourneur
Avec : Sylvie Audcoeur, Olivier Yéni, Dominique Bastien, Sophie Le Tellier
et Martyne Visciano
Décor : Pascale-Joanne Rabaud
Théâtre Fontaine
10 rue Fontaine, 75009 Paris – Tel : 01.48.74.74.40
Du mercredi au samedi à 21 h, matinée le samedi à 18 h
Places 30 € – Opération « soyez les premiers aux premières » (50 % jusqu’au 30 mai) – 10 € pour les moins de 26 ans du mercredi au vendredi

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