Le Petit Palais du XIXème siècle

Petit Palais, GalerieConstruit comme le Grand Palais qui lui fait face et le pont Alexandre III à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, le Petit Palais abrite depuis 1902 le musée des Beaux Arts de la Ville de Paris. L’art moderne ayant été transféré en 1937 au Palais de Tokyo, il est depuis consacré aux œuvres anciennes, dont beaucoup acquises par donations. Ainsi, y cohabitent des pièces de l’Antiquité, du Moyen-Age, de la Renaissance… jusqu’au XIXème siècle, fort bien représenté.

Un peu Néo-baroque, un peu Néo-classique, l’architecture du Petit Palais ne peut être rattachée qu’à l’éclectisme, style qui à force d’en mélanger plusieurs finit par en inventer un. A l’époque, l’édifice se démarque de ce qui avait constitué la signature des précédentes Expositions Universelles : le tout métallique, dont le symbole parisien est bien sûr la tour Eiffel, édifiée en 1889.
Pour autant, les façades en pierre cachent quelque peu leur jeu : l’ossature est elle métallique. Dessiné par l’architecte Charles Girault, le bâtiment est tout autant l’oeuvre d’ingénieurs. Il est à ce titre bien de son temps.

Malgré la richesses des fonds d’Antiques, d’icônes médiévales, de peinture XVIIème ou encore de mobilier du XVIIIème, le Petit Palais apparaît avant tout comme un musée du XIXème, et plus encore du second XIXème siècle.

Le début du parcours montre la montée en puissance du Naturalisme, en sculpture avec Aimé-Jules Dalou, comme en peinture, avec comme point de départ le réalisme de Courbet, dont on découvre une œuvre exceptionnelle, car non destinée au Salon : l’audacieux Sommeil, placé – comme un clin d’œil – à côté des Demoiselles du bord de Seine. Tandis que pour traiter la réalité Courbet cherchait à montrer la densité de la matière, les Naturalistes à sa suite se sont plutôt appliqués à faire appel à la sentimentalité du public : les tableaux sur le monde ouvrier de Jules Adler en sont un bel exemple. Le triomphe du Naturalisme aboutit en définitive à un résultat opposé à celui de Courbet, avec les palettes très claires (et la manière quelque peu assommante) d’un Léon Bonat ou d’un William Bouguereau.

Ce ne sont pas ces derniers qui attirent le regard dans le fond de cette salle, mais un immense tableau très sombre, illustratif du second Romantisme du XIXème : La Vallée de larmes, signé Gustave Doré. Il s’agit d’une rareté dans les collections françaises, car nous connaissons surtout Doré pour son travail d’illustrateur. En fait, il a réalisé aussi des peintures de dimensions monumentales, des thèmes religieux ou des paysages, mais qui ont été acquises par des Américains et se trouvent depuis de l’autre côté de l’Atlantique.

Petit Palais, escalierDe cette somptueuse Vallée de larmes, l’on passe à la peinture de paysage, lame de fond du XIXème à côté de la peinture d’histoire : ici se côtoient des peintres aussi différents que Sisley, Jongkind, Pissarro ou encore Monet. Leur point commun : l’abandon du paysage composé, au profit d’un paysage naturalise, parfois très influencé par la peinture hollandaise du XVIIème, comme le montrent les petits formats de G. Michel et de Jongkind.

Avec les Impressionnistes, l’objet du paysage évolue : alors que les peintres de l’école de Barbizon cherchaient une nature vierge, sans présence humaine, les Impressionnistes représentent des cadres davantage urbanisés : des banlieues desservies par des chemins de fer, des ports… avec eux, c’est l’idée même de nature pure qui a cessé de se manifester.
Si Monet va très loin dans la dé-construction du tableau, jusqu’à s’affranchir, avec les Nymphéas, de toute notion de structure, on assiste en revanche dans les années 1880 à un retour en force du dessin, notamment avec Renoir bien sûr, mais aussi avec les Néo-impressionnistes aux paysages très structurés comme Pissarro.

La salle suivante entraîne vers un autre mouvement : celui de la peinture décorative, avec Gauguin, Maurice Denis et les Nabis. Ici règne le culte des grands aplats et des effets de rythme ondulants et chatoyants…
Poursuivez l’exploration du XIXème au niveau inférieur, avec notamment la sculpture néo-baroque de Carpeaux, les portraits réalistes de Courbet et de Daumier (en profiter pour y voir une de ses rares peintures : L’amateur d’estampes).

Et si vous ne l’avez pas fait en début de visite, n’oubliez pas de vous arrêter devant les pièces Art nouveau, en particulier de Lalique et de Gallé : elles déploient leurs merveilleuses couleurs, leurs verres opalescents et leurs reflets irisés dans la galerie de façade, en hommage au "moment 1900", qui est celui de l’édification de ce très séduisant Petit Palais.

Petit Palais
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill – 75008 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Fermé le lundi et les jours fériés
Nocturnes le jeudi jusqu’à 20h uniquement pour les expositions temporaires
Accès gratuit aux collections permanentes
Entrée payante pour les expositions temporaires

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2 réflexions au sujet de « Le Petit Palais du XIXème siècle »

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