Le trésor de Naples. Musée Maillol

sainte_irene_naplesDans la galerie du rez-de-chaussée, des bustes de saints monumentaux déploient leur splendeur, œuvres des plus grands orfèvres du Baroque napolitain. Ils sont les renforts de San Gennaro – Saint Janvier – le saint protecteur de Naples depuis des siècles. Les tableaux qui les entourent illustrent quelques uns des malheurs dont les habitants ont cherché à se protéger : à côté de la peste et de la guerre, les éruptions du Vésuve constituent la menace la plus spectaculaire à mettre en scène, ce que le peintre Pierre-Jacques Volaire réussit avec éclat.

C’est dans ce contexte géographique particulier qu’en 1527 les Napolitains ont conclu un pacte avec San Gennaro : en échange de sa protection, ils s’engagent à lui construire une nouvelle chapelle et à lui constituer un trésor. En 1601, une société laïque est créée, La Députation. Elle existe encore aujourd’hui et c’est à travers elle que le trésor n’a cessé d’être enrichi depuis, par les souverains comme par le peuple de Naples.

Conservé dans deux ampoules, le sang séché du saint se liquéfie chaque année, donnant lieu à de phénoménales processions laissant la foule tour à tour dans la terreur que le miracle n’ait pas lieu puis dans la liesse une fois celui-ci accompli.

Quelques unes des plus belles pièces du trésor on fait exceptionnellement le voyage du Musée du Trésor de San Gennaro à Naples jusqu’au Musée Maillol à Paris.

naples_collier_san_gennaroOutre les quinze bustes d’argent massif de la grande galerie, tels ceux de Sainte Irène arrêtant de sa main droite la foudre et protégeant de sa main gauche la ville, l’exposition révèle des calices, croix d’autel et autres ciboires, ainsi que les chefs d’œuvres incomparables que sont le reliquaire du sang du martyre en vermeil, œuvre d’orfèvres angevins du XIVème siècle ; la mitre du saint réalisée en 1713 par Matteo Treglia, couverte de plus de 3 000 diamants, 168 rubis et 198 émeraudes parmi lesquelles figure le plus impressionnante collection d’émeraudes colombiennes, et un rubis si intense qu’il a été nommé « la lave du Vésuve » ; et enfin l’étonnant collier de San Gennaro, assemblage de bijoux réalisés entre les XVIIème et XIXème siècles. Le spectacle tient tant au faste des pièces qui le constituent qu’à son esthétique fortement composite. S’y mêlent en effet des dons d’illustres souverains comme Charles V de Bourbon, Joseph Bonaparte, Marie-Caroline de Habsbourg, sœur de Marie-Antoinette, ou encore la reine Marie-Amélie de Saxe, auxquels ont été ajoutés ceux de Napolitains anonymes.

Un tableau du début du XIXème siècle attribué à Hoffmann (celui des contes) montre le miracle de la liquéfaction du sang du saint en 1799, en présence des troupes françaises, quand San Gennaro est magnifiquement représenté par Luca Giordano (1675) et surtout par Francisco Solimena (1702).

Pour finir, côté récit, on pourra se reporter à celui d’Alexandre Dumas dans Le Corricolo (chapitre XXII), publié en 1843. Il narre l’épisode du miracle de San Gennaro avec une verve des plus savoureuses.

Le trésor de Naples – Les joyaux de San Gennaro

Musée Maillol

59/61 rue de Grenelle – 75007 PARIS

Ouvert TLJ y compris les jours fériés, les 1er et 8 mai

De 10h30 à 19h, le vendredi jusqu’à 21h30

Entrée 13 euros (TR 11 euros)

Jusqu’au 20 juillet 2014

Facebooktwittergoogle_plus

Voyage chez les Étrusques au musée Maillol

Etrusques au musée Maillol

Nul besoin d’aller bien loin pour cette expédition en Étrurie : une balade au musée Maillol, rive gauche à Paris, et nous voilà embarqués près de trente siècles en arrière sur la péninsule italique où, entre les IXème et IIème siècles avant J.-C. s’épanouit la civilisation étrusque.

Les Étrusques entretinrent avec les autres grandes civilisations du bassin méditerranéen, Grecs et Phéniciens, mais aussi avec la Gaulle, des échanges économiques et culturels importants, de même qu’avec Rome qui, par conquêtes successives des cités étrusques, finit par les anéantir.

Bien nommée Un hymne à la vie, l’exposition qui regroupe quelques 250 objets venus de grands musées italiens essentiellement, permet d’approcher les différents aspects de cette riche civilisation par son quotidien.

Le rez-de-chaussée donne une idée de l’architecture et de la culture étrusques. L’on y admire par exemple des plaques d’argile finement sculptées en bas-relief qui ornaient les bâtiments, de fabuleux vases anthropomorphes ou encore la reconstitution de la grande Tombe du Navire (-470 ans) à Tarquinia avec ses grandes peintures colorées.

A l’étage, objets et œuvres d’art rivalisent de beauté pour évoquer notamment les rites funéraires, l’écriture, les banquets, le sport, la religion (avec les fameux haruspices). Les principales cités-Etats sont présentées dans leurs spécificités : l’Étrurie était en effet une dodécapole, à savoir une confédération constituée de douze grandes cités.

Si l’influence grecque est parfois très nette, celle des Égyptiens palpable également, ce qui plaît dans le style Étrusque est avant tout son caractère extrêmement vivant et raffiné. L’iconographie est très narrative, les formes originales, les motifs sculptés expressifs et souples, les détails d’une finesse extrême.
Le travail d’un fermoir de vêtement en or décoré de minuscules figures d’animaux (680-650 av. J.-C.) est époustouflant. La tête votive de jeune homme dite Malavolta en terre cuite (430-410 av. J.-C.) dégage par ses traits une énergie incroyable. Le ciste représentant le Jugement de Pâris (milieu du IVème siècle av. J.-C.), en bronze à décor incisé et orné d’éléments sculptés étonne jusque dans ses détails.

La scénographie est simple, les explications pédagogiques – la carte très claire aurait mérité d’être placée en ouverture du parcours – sans assommer le visiteur. On ne peut que conseiller cette exposition à la fois belle, instructive et divertissante, en particulier à tous ceux que les interminables alignements de vitrines des musées archéologiques laissent sur le flanc : de l’excursion au musée Maillol, ils reviendront l’œil vif et l’esprit frais.

Les Étrusques Un hymne à la vie
Musée Maillol – Fondation Dina Vierny
61, rue de Grenelle 75007 Paris
Tel : +33 (0)1 42 22 59 58
Métro Rue du Bac
Tous les jours de 10h30 à 19h, y compris les jours fériés
Nocturnes le lundi et le vendredi jusqu’à 21h30
Entrée 11 euros, réduit 9 euros, gratuit pour les moins de 11 ans
Jusqu’au au 9 février 2014

Faim de culture ?

Image : urne dite du Bottarone, dévut du IVème siècle avant JC, albâtre peint,H. 88; base 123 x 38 cm Florence, Museo Archeologico © Soprintendenza per i Beni Archeologici della Toscana / Antonio Quattrone

Facebooktwittergoogle_plus

Trésor des Médicis. Musée Maillol

Famille de banquiers florentins richissimes à partir de la fin du Quattrocento, la dynastie des Médicis a donné des princes, des papes, et même deux reines à la Couronne de France, Catherine épouse du futur roi Henri II puis Marie épouse d’Henri IV en 1600.

Leur fortune, ils l’ont en partie consacrée aux arts, mais aussi à la science et à la connaissance du monde.
Du XVème au XVIIIème siècles, ils ont accumulé des collections fabuleuses, d’antiques et de « curiosités » notamment ; mais ils ont aussi beaucoup fait travailler les artistes de leur temps.

Le musée Maillol retrace cette éblouissante épopée dans le règne du beau et du savoir à travers 160 œuvres, tableaux, dessins, sculptures, meubles, objets d’arts décoratifs, livres et même instruments de musique et… astronomiques.

De Cosme l’Ancien qui fut le premier grand collectionneur après son retour d’exil à Florence en 1434, à Anne-Marie Luisa, la dernière des Médicis qui, à sa mort en 1743 légua le trésor familial à l’État Toscan à condition que jamais rien ne quitte Florence et que les collections des Médicis soient mises entièrement à la disposition du public, l’on suit au fil des siècles les engouements de ces fous d’art qui, s’ils ne l’ont pas inventé, furent les premiers à développer le mécénat à une telle échelle.

L’exposition est de toute beauté, rendue plus agréable encore par la scénographie de Bruno Moinard. Dans une ambiance empreinte de richesse et de raffinement, la visite commence dans un très beau corail cuivré pour finir dans les tons de vieil or et de gris anthracite, tandis que les œuvres sont mises en valeur grâce à une installation aérée.

Remontant le temps, l’on s’arrête, tour à tour, devant d’admirables statues et camées romains, devant la Sépulture des saints Côme et Damien et de leurs trois frères de Fra Angelico, L’Adoration des Mages de Botticelli, un David de Michel-Ange, ou encore la crosse du pape Léon X…

Hommage incontournable aux illustres florentines qui ont lié leur destin à celui du royaume de France, une salle est consacrée aux fastueux portraits de deux Reines. L’on voit ainsi Marie de Médicis ornée d’une robe robe comptant quelques 300 grosses perles fines et plaques de diamants… Dans un coin, cette huile en grisaille de Rubens, qui a peint les grands épisodes de sa vie pour son palais du Luxembourg.

Dans le Cabinet des Merveilles de François 1er de Médicis, se côtoient des œuvres d’art premier venus d’Amérique Latine, d’Afrique et de l’Océan indien et des objets décoratifs aussi fins qu’originaux. Voici donc un manteau de plumes rouges de la culture tupinambá, un vase en forme de navire en lapis-lazuli, une verseuse en nacre et vermeil gravé composée de deux coquilles…
Parmi les raretés, l’on découvre, plus loin, les merveilleuses marqueteries de pierre dure sur marbre, avec notamment un cabinet en ébène du XVIIème siècle composé de 17 compartiments ornés, ou encore deux tables sur fond de marbre noir, justement appelées A la grenade et Au collier de perles.

La curiosité et les terrains d’investigation des Médicis étaient sans limites, comme en témoignent les objets d’astronomie liés aux découvertes de Galilée. Les livres n’étaient pas moins prisés, à voir les véritables œuvres d’art que sont le Livre d’Heures de l’une filles de Laurent le Magnifique ou encore les Editions princeps des œuvres d’Homère extraits de la bibliothèque médicéenne.

Trésor des Médicis
Musée Maillol
59-61, rue de Grenelle – 75007 Paris
Métro Rue du Bac, bus : n° 63, 68, 69, 83, 84
TLJ de 10 h 30 à 19 h sf 25 déc. et 1er jan., nocturne le ven. jusqu’à 21 h 30
Entrée 11 € (TR 9 €)
Exposition prolongée jusqu’au 13 février 2011

 

Images : Pierre Paul Rubens Les trois Grâces, 1627-1628 Huile en grisaille sur panneau, 47,5 x 35 cm Florence, Palazzo Pitti, Galleria Palatina Inv. 1890 n. 1165 Photo: Archivio fotografico della soprintendenza di Firenze
et Giusto Utens (Bruxelles ?-Carrare 1609) Vue du palais Pitti et du jardin de Boboli 1598-1599 Huile sur toile, 143 x 285 cm Inscription : en bas, au centre « Belveder (con Pitti) » Museo Storico Topografico Firenze com’era

Facebooktwittergoogle_plus

C'est la vie ! Vanités de Caravage à Damien Hirst

expo vanites, pompeiSi c’est au XVII° siècle que les crânes apparaissent à profusion sur les tableaux de nature morte, en un genre appelé Vanités, de telles représentations de la mort sont présentes dans les maisons dès l’Antiquité.

Ainsi, à Pompéi, deux mosaïques ont été retrouvées sur ce thème. L’une montre un crâne et un papillon reposant sur une roue : le corps et l’âme livrés à la roue du destin. L’avertissement de cette allégorie macabre, certainement l’une de toutes premières de l’histoire de l’art, n’est autre que « Omnia mors adequat » (« La mort aplanit tout »).

Vingt siècles plus tard, Philippe Pasqua réinterprète le motif avec un crâne recouvert de feuilles d’argent et parsemé de grands papillons orangés, magnifique à dire vrai. Le sujet du « Memento mori » (« Souviens-toi que tu mourras ») est donc loin d’être épuisé, les artistes le réinterprétant inlassablement, en peinture, en sculpture ou en photo, comme l’exposition qui vient d’ouvrir au Musée Maillol le met en évidence.

Chronologiquement, le parcours est inversé : on plonge directement dans les œuvres contemporaines, avant de visiter les Anciens puis les Modernes. Un détail de peu d’importance, la thématique étant suffisamment explicite. Au demeurant, malgré les quelques 160 œuvres, l’exposition ne prétend pas à une représentation exhaustive des différentes périodes de l’histoire de l’art, d’autant que le sujet n’a pas été toujours aussi prisé qu’aujourd’hui.

En Europe du Nord, le contexte du XVIIème siècle, avec ses guerres de Religion favorise le développement des Vanités, où le peintre mêle crânes humains, bougies et sabliers symbolisant la fuite du temps, livres, fleurs et fruits, pour rappeler la futilité des connaissances, la corruption de la beauté et de la matière. En Europe du Sud, les peintres associent au contraire la Vanité à des scènes religieuses. Dans une petite salle, se répondent trois beaux Saint-François : celui de Caravage, en méditation, celui de Zurbaran, agenouillé, très émouvant et enfin, l’Extase de Saint François, de Georges de La Tour. Les jeux de lumière avec la clarté du crâne ressortant de l’ombre accentuent la gravité du message.

Pour l’essentiel, ces tableaux sont peu connus car issus de collections privées. Certains sont plus anecdotiques mais somme toute très frappants car ils montrent non pas des squelettes mais des cadavres en décomposition. Sur une œuvre anonyme d’un peintre espagnol, le macchabée, toutes tripes dehors est en proie à la voracité des petites bêtes, les attributs du pouvoir, sceptres, couronne, posés à ses côtés et renvoyés à leur vanité. Sur la Testa de Jacopo Ligozzi, une tête en voie de décomposition, bouche béante, est attaquée par les vers, alors que Seneta (vieillissement) est inscrit sur le cartouche inséré dans le livre… ça fait envie !

Galerie variée également du côté des oeuvres contemporaines, avec des tableaux de Miquel Barcelo, Richter, Ernst, de grande beauté ; mais aussi des crânes de Niki de Saint-Phalle, Annette Messager, et naturellement Damien Hirst.
Entre les deux périodes, un grand trou ou presque, les Vanités étaient passées de mode au Siècle des Lumières. Au siècle suivant, Géricault a traité le thème avec ses Trois crânes puis au début du XXème, Cézanne, Picasso, Braque ont eux aussi fait leurs Vanités mais leurs tableaux semblent relever d’un pur exercice de style.

Bague Codognato, Venise Mieux vaut s’attarder devant les vitrines présentant des pièces unique du joailler vénitien Codognato, famille installée près de la Basilique San Marco (elle en devint même l’orfèvre attitré), qui depuis 1866 s’inspire d’oeuvres de toutes époques pour créer des bagues et des colliers en forme de Memento Mori. Aux motifs de crânes se mêlent harmonieusement des animaux symboliques comme la salamandre, le rat ou le serpent ; au diamant et aux pierres précieuses se mêle le corail aux vertus protectrices… Des petites merveilles à ne pas louper.

"C’est la vie ! Vanités de Caravage à Damien Hirst"
Musée Maillol
61, rue de Grenelle, Paris 7e
Tous les jours de 10 h 30 à 19 heures, vendredi jusqu’à 21 h 30
Jusqu’au 28 juin 2010
De 9 € à 11 €

Images : Memento Mori, Mosaïque polychrome de Pompéi, 1er siècle, Base calcaire et marbres colorés, 41 x 47 cm, Musée national d’archéologie de Naples © Archives surintendance spéciale Beni et archologici Naples et Pompéi
Bague « Alchimie » Or, émail blanc sur or, diamants, émail, Epoque contemporaine, modèle des années 1940 Collection particulière, courtesy Codognato © Andrea Melzi

Facebooktwittergoogle_plus

Oublier Rodin ? La sculpture à Paris de 1905 à 1914

Maillol, La Mediterranée au Musée d'OrsayL’exposition présentée au Musée d’Orsay jusqu’au 31 mai est non seulement belle, mais encore tout à fait convaincante.

Elle montre comment, au tournant du XXème siècle et jusqu’à la première Guerre Mondiale, des sculpteurs venus de toute l’Europe se sont retrouvés à Paris le temps d’une décennie pour repenser et renouveler la sculpture.

A l’époque, le modèle entre tous et pour tous est Rodin.
Mais il va devenir le contre-modèle, la statue à déboulonner si l’on ose dire. Contre son expressivité poussée à l’extrême, contre le chaos des portes de l’Enfer, il s’agit alors, pour les Bourdelle, Brancusi, Maillol, Picasso et autres Gonzales, de reprendre la réflexion plastique à son commencement, de rechercher l’essence de la sculpture : le volume, l’architecture, la ligne. Adoptant des formes de plus en plus simplifiées, ces artistes ne font pas pour autant "taire" les visages. Ils les assagissent, les épurent et trouvent d’autres réponses pour exprimer "l’intériorité" de leurs créations.

Exposition Oublier Rodin au Musée d'OrsayOn n’est pas encore dans le cubisme (qui ne s’exprime alors qu’en peinture), encore moins dans le non-figuratif ; mais le chemin parcouru depuis Rodin est immense – quelques unes des sculptures du maître permettent de le souligner. Plus de démonstration, plus de tour de force ; la ligne directrice est tout autre.
Mais si les artistes entendent se détourner de l’imitation et de la sensualité, bien des œuvres présentées prouvent qu’ils n’ont pas – et c’est un bonheur – chassé cette dernière. Toute la partie de l’exposition consacrée aux volumes est à cet égard remarquable, avec notamment une galerie de nus féminins où le poli extrême des rondeurs de Maillol voisine une plantureuse Renoir, une immense Pénélope de Bourdelle ou encore une douce Grande Songeuse de Wilhelm Lehmbruck.
Le lyrisme n’est pas davantage absent. Il se fait si délicat avec ce magnifique Buste de jeune fille de Zadkine, tête tournée et penchée, tout en épure, en grâce, en finesse. Et que dire de la célèbre Muse endormie de Brancusi, d’une telle tendresse !

La section consacrée aux lignes est tout aussi passionnante, où l’on voit des corps immobiles et isolés se mettre à occuper l’espace de façon audacieuse, prendre des poses inattendues, en des lignes simples qui les courbent, les agenouillent et les étirent – de façon particulièrement impressionnant chez Lehmbruck. Chez cet artiste d’ailleurs, apparaît progressivement une veine expressionniste, donnant des visages bouleversants, chavirés de souffrance silencieuse (Orante, Tête d’un penseur, Amants…), et qui semble avoir atteint son apogée avec son terrible Prostré.

Tout est beau, tout est à voir dans cette exposition de choix. Il faudrait donc aussi évoquer la salle consacrée aux reliefs, dont les volumes sont si géométriquement circoncis que leur puissance et leur douceur n’en sont que plus spectaculaires.
La Femme accroupie de Maillol, superbe et lisse, repliée et assoupie, occupe pourtant tout son espace avec une formidable présence. Comme s’il ne s’agissait pas que d’une simple question de beauté, comme si elle seule évoquait déjà tout un monde…

Oublier Rodin ? La sculpture à Paris, 1905-1914
Musée d’Orsay
1, rue de la Légion d’Honneur – Paris 7ème
Jusqu’au 31 mai 2009
TLJ sf le lundi, de 9 h 30 à 18 h, le jeudi jsq 21 h 45
Entrée 8 € (TR 5,5 €)

A voir également en ce moment au Musée d’Orsay, et autour de cette exposition : un accrochage de dessins de sculptures, de Chapu à Bourdelle

Images :
Aristide Maillol, La Méditerranée, 1905-1923, Statue, marbre, Paris, musée d’Orsay © photo Christian Baraja
Wilhelm Lehmbruck, Grande figure debout, 1910, Statue, ciment, Otterlo, Kröller-Müller Museum © Coll. Kröller-Müller Museum Otterlo the Netherlands

Facebooktwittergoogle_plus