Madama Butterfly. Puccini

madama-butterflyJolie rentrée à l’Opéra national de Paris ce vendredi 11 septembre pour découvrir, enfin, la Madame Butterfly de Robert Wilson. Créé en 1993, ce spectacle repris régulièrement depuis plus de vingt ans rencontre toujours un grand succès public.

La mise en scène a plutôt bien traversé le temps, Bob Wilson ayant fondé son travail sur l’épure et la lumière, dans une esthétique tout japonisante. Le décor vaste et dépouillé nous emmène dans ce Japon traditionnel de 1904, à Nagasaki, où, sur un fond suggérant la ciel ou la mer, ne se détachent qu’un rocher et un sentier de sable noir. Tout est dans la suggestion, et ces rares éléments, plein de sens, savent emporter notre imaginaire où il doit être. Dans ce contexte, la lumière joue un grand rôle et habille avec beaucoup de justesse chacune des scènes, chacun des personnages. A l’instar des autres personnages japonais, Madame Butterfly évolue avec lenteur, comme surgie d’un théâtre Nô. Le tout est d’une grande élégance, costumes compris ; on est loin du folklore.

L’histoire est des plus déchirantes : geisha âgée de 15 ans, épousée par Pinkerton, officier américain de passage, Madame Butterfly est rapidement abandonnée par celui-ci, pressé de retourner dans son pays une fois les charmes de son caprice exotique éventés. Pendant que là-bas il se marie avec une Américaine, Butterfly, tremblante d’amour, attend le retour de son mari avec une foi inébranlable, malgré les mises en garde de son entourage et les demandes en mariage qui lui sont faites. Jusqu’à ce que la vérité lui apparaisse…

Musicalement, l’opéra est très séduisant. Le prélude, dont on retrouve le thème pendant le premier acte, évoque avec ses accents japonisants la légèreté du vol du papillon. Puis, bien des airs viennent exprimer la profondeur des sentiments avec délicatesse, qu’il s’agisse de l’amour chanté par les jeunes époux au premier acte, des duos avec le consul Sharpless qui essaie de la prévenir ou avec sa servante avec qui elle veut partager son espoir au deuxième, ou encore de la terrible révélation de l’acte III, y compris les remords de Pinkerton.

La distribution est de bonne tenue. Le ténor Piero Pretti assure son Pinkerton sans ostentation et le baryton Gabriele Viviani en consul Sharpless nous charme d’une voix mélodieuse et caressante. Si dans le rôle titre Oksana Dyka se montre à la hauteur, il manque à son interprétation, au-delà de la puissance et de la justesse, ces nuances qui feraient surgir l’émotion. On est loin de la bouleversante Mimi d’Ana Maria Martinez entendue l’an dernier dans La Bohème.

Madama Butterfly

Un opéra en trois actes de Giacomo Puccini

Créé en 1904 à la Scala de Milan

Opéra National de Paris – Opéra Bastille

Durée 3 h avec un entracte

Jusqu’au 13 octobre 2015

Mise en scène
Robert Wilson
Costumes
Frida Parmeggiani
Lumières
Heinrich Brunke et Robert Wilson

Cio-Cio-San
Oksana Dyka
Suzuki
Annalisa Stroppa
Pinkerton
Piero Pretti
Sharpless
Gabriele Viviani
Goro
Nicola Pamio
Le Prince Yamadori
Tomasz Kumiega
Kate Pinkerton
Joanna Jakubas
Le Bonze
Mikhail Kolelishvili

Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris
Direction musicale
Daniele Rustioni

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Dheepan. Jacques Audiard

dheepan_cannesAu départ, il y a la guerre civile au Sri Lanka, que Dheepan, combattant des Tigres tamouls, fuit après avoir brûlé ses anciens oripeaux. Et Yalini, célibataire sans enfant, qui veut rejoindre sa cousine à Londres. Enfin, Illayaal, 9 ans, orpheline, que Dheepan et Yalini embarquent avec eux pour avoir l’air de former une famille et pouvoir ainsi émigrer. Ils ne se connaissent même pas. A leur arrivée en France, pas d’autre choix que de rester ensemble. On leur attribue un logement, et un travail pour lui : gardien d’immeuble dans une cité chaude de la banlieue parisienne.

Là, ne parlant pas le Français, ils essaient de s’intégrer. Avec davantage de volonté pour Dheepan, qui endosse immédiatement le rôle protecteur du chef de famille, et pour la petite Illayaal, qui va à l’école et se fait l’interprète de ses « parents », que pour Yalini, qui espère toujours poursuivre son chemin jusqu’à Londres, seule. Mais il y a l’enfant. Et la vie qui avance, jour après jour : travailler, assurer le quotidien à la maison, faire les courses et, presque malgré soi, être avec les autres. C’est le premier niveau du film : l’intégration d’une famille profondément étrangère, de langue (le Tamoul, parlé pendant la majeure partie du film), de culture (hindoue), de niveau de vie (un salaire de 500 euros leur paraît énorme).

La deuxième dimension, la plus subtile et la plus rare, est cette relation familiale artificielle, mais condamnée à évoluer. Vers où va-t-elle aller : vers l’affrontement ? Un certain attachement ? Comment ces trois-là vont-ils s’apprivoiser ? C’est compliqué ; il ne se sont pas choisis… Jacques Audiard montre cette relation et ses évolutions avec infiniment de délicatesse, prouvant une nouvelle fois qu’il n’est pas qu’un cinéaste de la lutte et de virilité.

dheepan_filmLa troisième strate du film renvoie précisément à cette veine-ci, nous plongeant dans l’univers violent des trafiquants de drogue, qui ont installé leur QG dans l’un des bâtiments de l’immeuble. Comment nos protagonistes sri-lankais vont-il vivre ces guérillas de caïds sans foi ni loi, eux qui ont fui les atrocités de la guerre dans leur pays ? Leurs réactions seront à la mesure de leurs émotions issues des terreurs passées : hors normes…

Les personnages sont parfaitement dessinés, singuliers, aboutis. On s’y attache immédiatement, tremblant pour eux au fil d’un scénario bien tendu – la puissance fictionnelle du réalisateur d’Un prophète étant toujours aussi efficace. Quant à sa virtuosité stylistique, elle n’est plus à démontrer. Enfin, il faut saluer la remarquable interprétation, en particulier celle des acteurs sri-lankais totalement inconnus et hyper convaincants.

Dheepan

Un film de Jacques Audiard

Avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby, Vincent Rottiers

Durée 1 h 49

Palme d’or au Festival de Cannes 2015

Sorti en salles le 26 août 2015

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Amphoralis, musée-site gallo-romain

Les environs d'Amphoralis
Les environs d’Amphoralis

Le site est bien caché dans la campagne narbonnaise plantée de vergers et de vignes, encore embellie par le canal du Midi et ses canaux latéraux, ses platanes et ses cyprès. Peu de publicité pour cet ancien village de potiers gallo-romain situé à 12 km de la ville natale de Charles Trenet, qui mérite pourtant largement le détour.

Mis à jour lors de fouilles de 1976 à 1997, l’ancien atelier de potiers fut actif du I° au III° siècle de notre ère. Narbonne était alors un grand port de l’Empire et le centre d’une importante activité économique. L’artisanat et la culture de la vigne et de l’olivier prospéraient dans cette province romaine. Et grâce à des ressources naturelles abondantes (argile, eau et bois), l’atelier  a pu se développer considérablement.

L'arboretum
L’arboretum

Le musée inauguré fin 1992 raconte ce passionnant moment d’histoire : contexte, éléments de culture, et bien sûr processus de fabrication des poteries : amphores pour le transport du vin (aux lignes magnifiques), mais aussi pièces de vaisselle et de construction telles que la brique et la tuile. La clarté du propos et de la présentation des objets permet de « parler » à tous les publics.

La partie muséale, resserrée, se prolonge in situ par une visite des vestiges en surplomb, guidés par des plans pour mieux comprendre ce que l’on voit, et par des écrans tactiles qui présentent en « réalité augmentée » les différentes constructions de l’atelier : fours, bâtiments, puits…

La suite du parcours n’est pas moins concrète, avec la restitution du village des potiers : en longeant l’aqueduc, on visite le four à pain, les petits et grands fours de cuisson (qui devaient monter à près de 1000 degrés) et enfin les habitations. Construction en briques, bois, tuile et chaume, vaisselle, amphores, vanneries,… Tout y est !

Heureux passage, Ivan Levasseur
Heureux passage, Ivan Levasseur

En se promenant sur l’ensemble du site, tous sens en éveil, y compris l’odorat et le toucher, on s’attarde dans l‘arboretum et le jardin. Le premier présente les essences d’arbres utilisés pour la cuisson des poteries. Le second regroupe 160 espèces de légumes et de plantes, toutes présentes pendant l’Antiquité. Ils ont été recréés à partir de l’étude des charbons de bois retrouvés pendant les fouilles. Des panneaux disséminés le long du chemin délivrent aux curieux des explications botaniques.

Last but not least, une surprise attend le visiteur en fin de parcours : une drôle de sculpture musicale faite d’argile. Baptisée « Heureux passage », elle est l’œuvre d’Ivan Levasseur, céramiste, musicologue, poète et conteur. Le carillon de cloches et le céramophone installés sur cette porte musicale permettent de découvrir les possibilités acoustiques – inattendues ! – de l’argile. On se demande si les Gallo-romains faisaient de même avec leurs poteries…

Amphoralis

Musée-site gallo-romain, centre culturel

Allée des Potiers, 11590 Sallèles-d’Aude, tel. 04 68 46 89 48

Ouvert TLJ sf le lundi, consulter les horaires sur le site

Entrée 5 euros (TR 3 euros)

Consulter également le programme des activités pour petits et grands

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Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain

Serge Poliakoff / atelier Simon Marq, Composition bleue, vitrail panneau d’exposition 1963, Coll. Musée des Beaux-Arts de Reims, Photo ADAGP, Paris 2015, Copyright Photo C. Devleeschauwer
Serge Poliakoff / atelier Simon Marq, Composition bleue, vitrail panneau d’exposition 1963, Coll. Musée des Beaux-Arts de Reims, Photo ADAGP, Paris 2015, Copyright Photo C. Devleeschauwer

Mille mercis à notre ami Jean-Yves de nous faire partager sa visite de l’exposition consacrée aux vitraux à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. Son billet nous donne envie de d’aller découvrir toutes ces merveilles (et les histoires singulières qui les accompagnent) de ses propres yeux dans ce beau musée. Mais il nous donne aussi envie d’aller admirer certains de ces vitraux in situ, à Paris comme ailleurs.

D’ailleurs, à propos de Soulages et de Conques, un billet est à venir sur le musée de Rodez (chouette visite de cet été !)…

Bonne lecture, bonne rentrée et bonnes découvertes à tous !

Mag

La Cité de l’Architecture et du Patrimoine consacre une très belle exposition au vitrail contemporain en France, de 1945 à nos jours. Construite autour de 130 œuvres réalisées pour 44 édifices différents, cette présentation s’appuie sur des répliques de vitraux, des panneaux d’essai ou des vitraux d’exposition. Elle témoigne du renouveau de l’art sacré et de son ouverture au profane dans l’église après la fin de la dernière guerre mondiale.

La première création, dans l’édifice moderne de Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy (Savoie), fut soutenue par le père dominicain Marie-Alain Couturier qui considérait que, pour provoquer cette renaissance, « il vaut mieux s’adresser à des génies sans la foi qu’à des croyants sans talent », pourvu que soient préservées la lumière intérieure, l’harmonie et la paix d’une église. En vertu de ce principe, la confection des vitraux fut confiée à différents peintres s’écartant des voies classiques, parmi lesquels Georges Rouault, dont on admirera une « Véronique », réplique de la verrière posée à la façade de l’église, Marc Chagall et Jean Bazaine.

Quelques mois plus tard, en 1948, c’est à Saint-Michel des Bréseux (Doubs) qu’un nouveau pas est franchi, puisqu’on fait rentrer, pour la première fois, des vitraux non figuratifs dans un édifice historique. Leur confection fut confiée à Albert Manessier, une des figures majeures de l’art abstrait. Une grande et belle réplique de « Paysage bleu », son expérimentation pour la verrière de l’église, est exposée.

Henri Matisse, Nuit de Noël
Henri Matisse, Nuit de Noël

Ces jalons posés, il devient possible – et urgent – de se consacrer à la repose des vitraux dans les édifices endommagés par la guerre. Des chantiers emblématiques s’ouvrent : celui de la cathédrale de Metz, premier édifice classé Monument historique à recevoir, en 1955, des vitraux d’artistes contemporains (Chagall, Bissière, Villon, dont on peut voir quelques maquettes et vitraux d’essai), mais aussi celui de la cathédrale de Nevers sur lequel s’attarde l’exposition. Il est vrai que ce projet fut important par son ampleur (il s’agissait de remplacer 1052 m² de vitraux dans 130 verrières), par sa durée (de 1973 à 2011), par la méthode retenue pour le choix des artistes. Après avoir confié à Raoul Ubac l’illustration (très réussie) du chœur roman entre 1974 et 1976, on décida, pour les autres parties romanes et gothiques, de consulter de multiples peintres de notoriété internationale (dont Soulages, Sam Francis, Simon Hantaï, Joan Mitchell…), mais en refusant finalement leurs propositions. Les contributions retenues de 4 peintres différents apparaissent très hétérogènes, entre la figuration colorée de Jean-Michel Alberola et l’abstraction austère de Gottfried Honegger.

La suite de l’exposition est consacrée à l’éclectisme contemporain. Toutes les sensibilités s’expriment : les grillages de Jean-Paul Raynaud sont respectueux de la rigueur cistercienne de l’abbaye de Noirlac, le rouge monochrome d’Aurélie Nemours illumine le prieuré roman de Salagon, l’apport de Soulages à Conques est désormais célèbre… Ailleurs, on revient à une figuration colorée (Gérard Garouste, Carole Benzaken), on fait évoluer les techniques, on a recours à de nouveaux matériaux… Ces expérimentations, qui vont jusqu’à l’utilisation du numérique et qui illustrent l’actualité du vitrail, occupent la fin du parcours de l’exposition, en rendant compte notamment de son extension dans l’architecture civile.

Georges Braque, L’oiseau sur fond violet
Georges Braque, L’oiseau sur fond violet

Le musée offre ainsi un aperçu de grand intérêt de ce mouvement décisif. Certains vitraux sont la réplique presque exacte des originaux (qui ne peuvent être déposés que pour leur restauration) et, outre les expériences évoquées plus haut, les accrochages reviennent aussi sur l’apport de grands noms de l’art du XXème siècle (Matisse pour la chapelle du Rosaire à Vence, Braque pour la Fondation Maeght, Le Corbusier, Poliakoff). L’exposition souligne également l’importance des autres intervenants : commanditaires, propriétaires, mais surtout peintres verriers dont l’association avec les artistes est fondamentale. Elle n’ignore pas, enfin, les vives résistances que ne manqua pas de susciter cet élan créatif.

En fin de parcours, une borne indique les lieux où l’on peut admirer les vitraux in situ, information bien utile en cette période de vacances. Et si l’on doit rester à Paris, on pourra visiter l’église Saint-Séverin, somptueusement éclairée depuis 1970 par Jean Bazaine, ou encore Saint-Joseph Artisan, décorée par Kim En Joong, prêtre et artiste d’origine coréenne qui perpétue, dans de nombreuses réalisations, l’apport de l’art abstrait à l’iconographie religieuse.

Jean-Yves

Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain

Cité de l’architecture et du patrimoine

1, place du Trocadéro – Paris 16ème

TLJ sauf le mardi, de 11h à 19h, nocturne le jeudi jsq 21h

Jusqu’au 21 septembre 2015

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Mustang. Deniz Gamze Ergüven

film_mustangMustang est le premier long métrage de Deniz Gamze Ergüven, cinéaste turque de 37 ans qui a fait ses écoles à Paris.

Présenté à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs et sorti sur les écrans le 17 juin dernier, le film raconte l’histoire de cinq sœurs, adolescentes et pré-adolescentes, dans un village de Turquie situé sur la côte et à quelques mille kilomètres d’Istambul.

Elles sont pleines d’énergie, enjouées, espiègles, complices. Mais leurs manières libres ne sont pas du goût de leur grand-mère, qui les élève en l’absence de leurs parents morts, et et encore moins de leur oncle qui, plus que sur elles, veille sur la réputation de la famille dans le village. Il faut donc désormais serrer la vis.

L’on parcourt alors avec les filles ce qu’on appelle le « droit chemin » dans certains coins reculés de Turquie : la privation de liberté. L’emprisonnement est physique. Interdiction de sortir d’abord. Les jeunes filles, débordant d’imagination, inventent des jeux, mais aussi des moyens de fuguer. On fait alors rehausser les grilles. Mais la résistance continue. Alors on pose des barreaux aux fenêtres…

En parallèle, c’est l’enfermement mental : plus d’école, mais des cours de cuisine et de couture au quotidien. Enfin, les mariages arrangés commencent à s’organiser avec efficacité.

Ce pourrait être ennuyeux. C’est tout le contraire. La cinéaste joue magnifiquement du contraste entre la rigidité des aîné(e)s, gardiens inflexibles de la logique patriarcale séculaire, et la vitalité, le mouvement permanent, la fantaisie des jeunes filles. A côté du lien étouffant qu’est l’asservissement des femmes aux hommes, il y en a d’autres de très beaux, comme l’amour et la solidarité qui unit les cinq sœurs.

Celles-ci sont formidablement incarnées, profondes et plus vraies que nature, par des comédiennes plus jolies les unes que les autres. Günes Nezihe Sensoy, qui joue la cadette Lale, à l’audace incroyable, est un sacré brin de talent.

Pas de démonstration appuyée dans ce premier film très réussi, dont l’histoire, qui prend parfois des airs de conte, suffit à nous faire trembler d’effroi… mais aussi espérer.

Mustang

De Deniz Gamze Ergüven

Avec Günes Nezihe Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, Tugba Sunguroglu, Elit Iscan, Ilayda Akdogan
Durée : 1 h 37

Sortie en salles : 17 juin 2015

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Les noces barbares. Yann Queffélec

queffelec_noces_barbaresVoici l’épisode n° 8 du feuilleton des prix Goncourt concocté par Andreossi, avec l’année 1985 qui a vu Yann Queffélec récompensé… Ce n’est plus une critique, c’est une exécution ! 

Bon alors, c’est sûr, le prochain sera meilleur !! Mag

Un enfant est né du viol d’une gamine de quatorze ans par un soldat américain. Enfant de la honte absolue pour la famille de la jeune fille, il est d’abord caché dans un grenier puis pris en charge par la nouvelle famille que la jeune mère compose avec un veuf et son garçon, et échoue en fin de compte dans une institution pour handicapés mentaux. Il s’enfuit à seize ans et vit enfin une vie libre dans l’épave d’un bateau, avant de retrouver enfin sa mère dans une mort commune.

Il ne s’agit pas du résumé d’un feuilleton du dix- neuvième siècle, mais de celui du Goncourt 1985. Pourtant les ingrédients du genre complètent bien la trame du récit : les méchants sont vraiment méchants, les bons sont peu nombreux et maladroits, ou faibles, la directrice de l’institution est perverse, et surtout la quête de l’amour du fils pour la mère est constante, sans cesse contrariée par les événements et par la personnalité même de la jeune Nicole qui, traumatisée par le viol, ne peut répondre à cet amour que par le refus tenace d’accepter cet enfant.

Le point de vue principal, même si le récit est à la troisième personne, est celui de Ludo, surnommé parfois Lidio : le lecteur suppose que l’enfant relève davantage de troubles du comportement, de déficiences psychologiques, que de véritable déficit cognitif. Rendre par l’écriture ces troubles est la grande difficulté de l’écrivain. L’ « ahuri » de Tarjei Vesaas1 est infiniment plus crédible que Ludo de ce point de vue.

Les autres personnages, mis à part Micho le beau-père, ne dépassent pas leur rôle convenu, comme dans un mélodrame où l’essentiel est que tous s’associent pour que le malheur puisse se déployer en toute impunité. L’adhésion ou non aux histoires d’amour contrariées relève sans doute de l’histoire personnelle du lecteur, mais on peut supposer que l’écriture y soit aussi pour quelque chose. Celle-ci est trop banale pour emporter la conviction : « Alors l’air lui manqua, la douleur disparut, Ludo tendit les mains, terrassé, vers cette vision reconnue d’instinct, la mer sous le soleil, sans un arbre en vue, la mer foisonnante et nue par-dessus les toits du port, immense et tenant toute entre l’horizon et lui comme un regard dans l’éclat d’un miroir brisé ».

Andreossi

Les noces barbares

Yann Queffélec

Gallimard

1 Les oiseaux, Tarjei Vesaas, Editions Plein Chant. Magnifique roman de l’écrivain norvégien.

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Contes italiens. Paolo et Vittorio Taviani

contes_italiens_affiche_tavianiC’est entre 1349 et 1354, alors que la peste venait de ravager Florence, que Boccace (1313-1375) écrivit Le Décaméron, ensemble de cent nouvelles racontées en dix jours par dix jeunes hommes et femmes réunis à la campagnes pour échapper à l’affreuse épidémie.

Plus de quarante ans après avoir été adapté au cinéma par Pasolini, cet écrit en prose fondateur de la littérature italienne et admiré bien au-delà de la frontière transalpine, est mis à l’écran par Paolo et Vittorio Taviani.

Les cinéastes italiens, aujourd’hui octogénaires, ont choisi cinq de ces cent contes, précédés comme dans l’œuvre de Boccace d’une ouverture sur Florence gangrenée par la peste. Ces premières images sont terribles. Un malade se jette du haut du campanile, un père enterre ses enfants, des charrettes entières de cadavres sont déversées dans des fosses. Sans compter la terreur qui transpire partout et fait tour à tour crier puis se taire, courir puis se figer.

Pour en réchapper, sept femmes sont déterminées à quitter Florence. Trois de leurs amoureux les suivent. Réfugiés à la campagne, ils prennent la décision d’essayer d’oublier l’horreur qui frappe leur ville, en profitant de la vie et en se racontant chaque jour une histoire. Cinq contes suivent, tous assez sombres – malgré une farce, non dénuée de dureté – mais qui sont autant d’hymnes à l’amour. La grandeur du sentiment amoureux, poussé au plus haut degré, y est célébré, sous des variations différentes.

Ces contes sont entrecoupés d’épisodes de la vie quotidienne de cette belle jeunesse enivrée de liberté, d’amour, d’amitié, de communion avec la nature. Mais malgré ce désir d’aimer, cet élan vital et ce besoin d’insouciance, comment oublier la tragédie qui frappe les siens ?

Le film des frères Taviani, singulier et intemporel à la fois, est d’une somptuosité affolante. Scénaristiquement, il nous prend dans les filets des contes, hauts en splendeurs comme en noirceur. Esthétiquement, il nous chavire. Il n’y a pas la finesse d’un lin, la couleur d’une robe, la forme d’une coiffe qui ne nous rappelle les tableaux de la Renaissance florentine. Il n’y a pas le bruit mat d’une semelle sur le pavé, le clair obscur d’une demeure, la céramique d’un vaisselier qui ne nous renvoie à un XIV° siècle propice à la rêverie. Au-delà des détails, les compositions elles-mêmes – les scènes de groupes en particulier – sont très picturales. Jeune et belle, la distribution est pleine de talent. Les actrices, gracieuses sous la fluidité de leurs robes, coiffures botticelliennes mais regards déterminés, incarnent parfaitement ce mélange de soumission liée à leur condition et de volonté due à la force de caractère de leurs personnages. Enfin, la campagne toscane, sous d’infinies nuances de lumière, embrasse parfaitement ces variations de l’âme, quand la musique accompagne magnifiquement l’intensité dramatique tout en se faisant oublier quand le récit n’a pas besoin d’elle.

Contes italiens

Réalisé par Paolo et Vittorio Taviani

Avec Kim Rossi Stuart, Riccardo Scamarcio, Flavio Parenti, Vittoria Puccini, Lello Arena

Durée 1 h 55

Sorti en salles le 10 juin 2015

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L’ogre. Jacques Chessex

l_ogreAndreossi continue à nous faire remonter le temps au fil des Goncourt : après le prix 1963, voici, pour le 7ème épisode de notre feuilleton, le Goncourt 1973… pas le meilleur apparemment, malgré de saisissantes images ! Bon… attendons donc peut-être le suivant ! Mag

C’est en pleine période de contestation de l’autorité, en particulier parentale, que ce roman de Jacques Chessex obtient le Goncourt 1973. Le thème est très simple : un professeur, la quarantaine, continue de subir l’autorité destructrice de son père qui vient de mourir. Si l’écriture de Chessex retient l’attention, si bien des trouvailles de style font le plaisir de lire, le déroulé de la vie de Jean Calmet sur ces quelques mois est beaucoup moins convaincant.

Après l’incinération du père, qui donne lieu à des retours sur l’enfance et au portrait d’une autorité dévastatrice pour toute la famille, notre « héros » se sent devenir un autre homme une fois sorti d’une séance chez son barbier. Hélas, le père, toujours présent en lui, l’écrase toujours de son mépris, de sa suffisance de médecin qui sauve les vies, de son évidente puissance sur les êtres et les choses. Une conséquence douloureuse pour Jean : la Fille au Chat, dont il tombe amoureux, ne parvient pas, malgré son enthousiasme, à réveiller sa virilité (qu’il manifeste pourtant auprès de Pernette la prostituée).

Qu’est ce qui fait qu’on arrive difficilement à croire aux tourments de Jean Calmet ? Sans doute que les portraits esquissés des personnages qui l’accompagnent ne décollent pas de stéréotypes. Le père, la Fille au Chat, l’élève Marc, le militant néo-nazi (que vient-il faire dans le roman ?) n’ont pas l’épaisseur humaine suffisante, avec leur part nécessaire de mystère, pour nous rendre crédibles cet homme et ses malheurs.

Heureusement l’action est située dans un pays (le canton de Vaud, en Suisse) que sait décrire Chessex, et ses descriptions sont évocatrices : « Parfaitement immobile, il se sentait soudain criblé d’odeurs de chemins enfouis, d’herbe mouillée, d’humus pourrissant, de traces de limaces, d’insectes pattus, de rongeurs malins et craintifs, comme si des gouttes de vigueur violemment avaient jailli en lui du plus profond du sol secret, le soûlant, le secouant, l’emplissant d’une excitation fraîche et neuve ».

On saisit le parfum des cheveux de la Fille au Chat : « dans les cheveux il retrouve l’odeur de la pierre à feu couleur d’ambre que l’on cherche dans les carrières, que l’on frappe contre une pierre jumelle, une petite fumée s’élève du choc et le caillou que l’on porte à ses narines se met à sentir l’incendie tiède comme un souvenir des premiers cataclysmes de la planète ».

Quel dommage que les humains n’émergent pas de clichés psychologiques éventés, mais quel profit de déboucher sur des images qui parlent : « Une colonie de pigeons aux ailes claquantes tournique entre les vieilles bâtisses aux tuiles napolitaines sur l’eau merdeuse du canal ».

Andreossi

L’ogre

Jacques Chessex

Grasset, 1973

 

 

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De Rubens à Van Dyck à la Pinacothèque de Paris

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Adriaen Thomasz Key (Anvers, c.1560-c.1591), Le Calvaire, Non datée, Huile sur bois, 126 x 100 cm, Collection Gerstenmaier © Photo : Collection Gerstenmaier

Au-delà des célèbres peintres que sont Pierre-Paul Rubens (1577-1640) et son élève Anthony Van Dyck (1589-1641), l’exposition qui a ouvert ses portes le 10 juillet à la Pinacothèque de Paris est l’occasion d’effectuer une visite plus large de la peinture flamande des XVI° et XVII° siècles.

Un parcours des plus agréables, et des plus accessibles aussi. 60 œuvres à peine, mais si bien choisies et si bien mises en valeur que l’œil est comblé. Les explications d’introduction générale et aux différentes sections sont claires et synthétiques, et l’approche thématique, bien articulée, permet de couvrir les différents genres abordés par les peintres à cette époque.

1. La peinture religieuse. Nous sommes en pays catholique : si les Pays-Bas du Nord, en grande partie protestants, ont obtenu leur indépendance en 1581, la partie sud (l’actuelle Belgique) est demeurée sous le contrôle de la couronne d’Espagne. Aussi, les thèmes religieux demeurent très présents. On s’émeut ainsi devant des vierges à l’enfant (dont celle dite de Cumberland de Rubens), des calvaires, comme celui d’Adriaen Thomasz Key, peint dans une palette lumineuse ou celui, beaucoup plus tragique de Victor Wolfvoet (1612-1652), des scènes de la vie de Jésus (remarquable Adoration des anges et des bergers de Martin de Vos (1532-1603) dont le traits des personnages sont rendus avec une délicatesse extrême).

2. La nature morte. On connaît le talent et le goût des « Nordiques » pour ce genre pictural. Ici, le choix est large : des plus petits formats jusqu’aux plus grands, des poissons et des oiseaux (Alexander Adriaenssen) jusqu’aux bouquets plus splendides que nature (Gaspar-Pieter Verbruggen l’Ancien et le Jeune), la sélection est somptueuse !

3. La mythologie. Après le Moyen-Age centré essentiellement sur les sujets religieux, la Renaissance voit resurgir un engouement pour la sagesse antique. Les artistes puisent leur inspiration dans les textes classiques, comme en témoigne la série de gravures maniéristes Thèmes mythologiques et allégoriques de Hendrick Goltzius (1558-1617), avec notamment Les Trois Grâces, les allégories des Quatre éléments, des Cinq sens, des Sept vertus cardinales

Pierre-Paul Rubens (Siegen, 1577-Anvers, 1640), Portrait de Philippe IV d’Espagne,  1632, gravure à l’eau-forte estampée sur papier vergé, 30 x 25 x 2 cm, Collection Gerstenmaier © Photo : Collection Gerstenmaier
Pierre-Paul Rubens (Siegen, 1577-Anvers, 1640), Portrait de Philippe IV d’Espagne,
1632, gravure à l’eau-forte estampée sur papier vergé, 30 x 25 x 2 cm, Collection Gerstenmaier © Photo : Collection Gerstenmaier

4. Le portrait, qui à cette époque devient un genre à part entière, d’abord pour les souverains (voir les portrait d’Isabelle de Bourbon et de Philippe IV d’Espagne par Rubens par exemple), puis plus généralement pour les hommes célèbres comme les artistes, les intellectuels et les hommes politiques. Parmi les premiers, citons les peintres français Simon Vouet, italien Orazio Gentileschi ou encore flamand Pieter Brueghel le Jeune, quelques uns de nombreux dessinés par Van Dyck dans sa série de gravures Vie des Hommes illustres du XVII° siècle.

5. Le paysage enfin, alors admis progressivement comme sujet du tableau. De Cornelis Huysmans (1648-1727), on admire le Paysage avec des figures classiques, où celles-ci semblent le prétexte à représenter les arbres et le ciel aux différentes lumières comme les véritables personnages. Et, signé Joost De Momper le Jeune et Jan Brueghel l’Ancien dit de Velours, on aime plus encore le vaste et reposant Paysage de montagne avec des mules.

Toutes les œuvres proviennent de la collection de Hans Rudolf Gerstenmaier, entrepreneur allemand qui a commencé à constituer ce fonds il y a quarante ans, aujourd’hui riche de deux cents peintures de différentes écoles européennes, avec une prédilection pour les œuvres flamandes. Cette sélection est exposées au public pour la première fois.

De Rubens à Van Dyck Les chefs d’œuvre flamands de la collection Gerstenmaier
Jusqu’au 4 octobre 2015
Pinacothèque de Paris
8 rue Vignon 75009 Paris
Ouverte tous les jours de 10h30 à 18h30
Nocturne les mercredis et les vendredis jusqu’à 20h30
Mardi 14 juillet 2015, la Pinacothèque de Paris est ouverte de 14h à 18h30.
Téléphone : 01 44 56 88 80

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Yves Saint Laurent 1971, la collection du scandale

affiche_exposition_yves_saint_laurent_1971C’est une collection si séduisante – si immédiatement séduisante – que l’on a d’abord du mal à comprendre pourquoi elle scandalisa les clientes et la presse lors de sa présentation  le 29 janvier 1971 dans les salons des ateliers Saint Laurent de la rue Spontini dans le 16ème arrondissement.

Dur à comprendre aujourd’hui effectivement : cette collection printemps-été 71, sur laquelle l’exposition de la Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent est exclusivement concentrée, a connu dans sa déclinaison en prêt-à-porter un grand succès public. Autrement dit, ce que le petit monde de la haute couture (riche clientèle, journalistes français et étrangers) avait conspué, les femmes de la rue se le sont approprié : une mode qui avait de l’audace, du chien et du glamour. Depuis, l’esprit de ces modèles n’a cessé d’être réinterprété… Alors forcément, quand on arrive après « l’histoire », quand l’œil a eu des décennies pour s’habituer à ce qui faisait révolution quelques 40 ans auparavant, on voit davantage l’évidence que le côté scandaleux de l’affaire !

Robes courtes, coupes osées, couleurs criardes, motifs provocants, cette collection avait bien des raisons de heurter le bon goût bourgeois. Pour l’essentiel, la première est qu’elle semblait s’inspirer davantage des femmes de petite vertu que des femmes du monde. La deuxième tient dans ce qu’elle rappelait furieusement l’allure des femmes sous l’Occupation (ourlet au genou, coupes ajustées, talons compensés, maquillage voyant), souvenir sombre encore trop vivace à l’époque. Et naturellement ces deux raisons se réunissaient aux yeux de certains, qui voyaient dans la femme « Saint Laurent » de l’été 1971 l’image de celle qui par ses charmes collabora avec l’occupant allemand.

Yves Saint Laurent entouré de ses mannequins dans son jardin rue de Babylone, Paris 6ème. 1971.
Yves Saint Laurent entouré de ses mannequins dans son jardin rue de Babylone, Paris 6ème. 1971.

Ici exactement se révèle la révolution du couturier : celle d’avoir inventé le vintage. Tandis que Courrèges et Cardin jouaient les futuristes, Saint Laurent revisitait le passé. Sa collection 1971 (il n’en nommait lui-même aucune) fut d’ailleurs baptisée « Collection 40 ». Depuis lors, comme on sait, la plupart des créateurs n’ont plus fait que cela : rejouer sans fin les gammes des décennies précédentes…

Resserrée, l’exposition à voir à la Fondation jusqu’au 19 juillet prochain n’en est pas moins riche : 28 modèles sur les 84 que comptait la collection y sont présentés, accompagnés de l’ensemble des 84 planches de collection reproduites à grande échelle sur les murs (outre le croquis, y figurent toutes sortes d’indications, notamment les échantillons de tissus dans lesquels la pièce sera réalisée), de croquis originaux, de photos de presse et de défilé, ainsi que d’extraits de films bien sûr.

Cette approche multiple est passionnante. On peut ainsi commencer par découvrir le croquis d’un modèle, puis la photo du vêtement fini porté par un mannequin, puis la pièce elle-même en vrai (avec sa planche de collection en grand sur le mur juste derrière), et enfin le voir en mouvement dans un film de défilé ou de présentation. C’est là qu’on réalise qu’un vêtement a beau être splendide en tant que tel, rien ne vaut le voir porté, « vivre » avec une femme pour l’apprécier pleinement.

Si l’on a du mal à s’imaginer avec le large manteau de renard vert (qu’il est court en plus !) sur les épaules, ni avec certaines robes trop audacieuses, bien des modèles sont éminemment désirables, tels d’impeccables tailleurs-pantalons larges aux coupes à tomber (et oui, c’est Saint Laurent, quand même !), ou de charmantes robes longueur genoux toutes fluides, faites pour bouger et pour vivre, chaussures à talon compensé joliment attachées à la cheville pour arpenter le pavé d’un pas assuré, plein d’allant et décomplexé. Merci Saint Laurent, qui avec sa collection re-baptisée aussi « Occupation » aura finalement, à sa manière, œuvré pour la libération de la femme…

Yves Saint Laurent 1971, la collection du scandale

Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent

3, rue Léonce-Reynaud – Paris 16ème

TLJ sauf le lundi, de 11 h à 18 h

Jusqu’au 19 juillet 2015

 

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