En finir avec le mythe d’une origine exclusivement romaine de l’Europe en montrant les apports des peuples dits Barbares, tel est le propos de la vaste exposition présentée jusqu’au 20 juillet au Palazzo Grassi de Venise.
Sur les trois niveaux du palais, mille sept cents oeuvres et objets, pour la plupart de toute beauté, étayés de commentaires éclairés sont réunis pour raconter près d’un millénaire d’histoire, du principat de l’empereur Marc-Aurèle (160-180) à l’an mil.
Soit une longue époque de transition, marquée en son début par la fameuse "paix romaine", en réalité une alternance de guerres et de périodes de pacification, qui verra en 476 la fin de l’Empire romain d’Occident lorsque Odoacre dépose Romulus Augustule et devient seigneur d’Italie, et s’achève sur une Europe morcelée en royaumes et seigneuries.
Siècles mouvementés de batailles mais aussi de politique d’intégration bien comprise (voir la table claudienne demandant qu’on accorde aux notables gaulois l’accès au sénat romain), de stratégie militaire (lorsque les Romains font appel à des Barbares pour en combattre d’autres plus menaçants), de fascination (des peuples du Nord et de l’Est pour l’Empire romain), et finalement d’effritement de la culture romaine, et avec elle ses sacro-saintes origines grecques, sous les vagues des invasions barbares.
Mais ce millénaire en Occident est surtout celui de la mise en place de ce qui allait en constituer le ciment : le christianisme, de l’édit de tolérance en 313 accordant la liberté de culte aux chrétiens au couronnement d’Etienne Ier, premier roi chrétien de Hongrie en l’an 1000, en passant par l’édit de Thessalonique en 380 instituant le christianisme religion d’Etat de l’Empire romain ou encore le baptême de Clovis à Reims en 508.
Autant de temps pendant lequel les peuples nomades se sont progressivement installés, ont assimilé des éléments de la culture romaine et ont apporté leur savoir-faire en matière d’armes et d’orfèvrerie, mais aussi leurs propres rites et croyances.
Sarcophages, mosaïques, sculptures, textiles, statues, bijoux, manuscrits enluminés, armes, vaisselle, le tout magnifiquement mis en valeur témoignent de ce foisonnement et de ces interpénétrations, tenant toutefois éloignées les sources qui pourraient venir de l’autre rive de la Méditerranée, au demeurant vaguement qualifiées "d’éléments exogènes". Il s’agit de raconter l’histoire de la naissance de l’Europe, entre Italie, où est présentée l’exposition, France (par son commissaire d’exposition, Jean-Jacques Aillagon et son mécène) et Allemagne (manifestation organisée en association avec la Kunst und Ausstellungshalle de Bon). Le propos est on ne peut plus clair.
Rome et les Barbares
Jusqu’au 20 juillet 2008
Palazzo Grassi
Campo San Samuele 3231, Venise
TLJ de 9 h à 19 h
Entrée 15 € (TR 6 €)
Images : Taureau tricorne, II-IIIème siècles, Cutry (France) et Boucle de Saint-Césaire, première moitié du VIème siècle, Arles, Musée départemental antique
François Morel ne quitte plus les planches du Théâtre du Rond-Point : après Collection particulière en 2006 et Les Diablogues l’année dernière, il revient ce printemps avec Bien des choses, conçu et interprété avec son complice des Deschiens Olivier Saladin.
Dans son dernier roman, Henry Bauchau, âgé de 95 ans évoque le passé, la deuxième guerre mondiale et ses horreurs, les deuils difficiles qui les ont suivis. Mais il décrit aussi avec une lucidité inouïe le monde d’aujourd’hui et son univers urbain ; la grande ville que beaucoup ne font que traverser, vivant à ses bords, n’en fréquentant comme à Paris que les couloirs souterrains des Halles. Ou encore connaissant par coeur les portes du périphérique, apprises dans la lenteur et l’énervement des bouchons.
Ce 23 septembre 1870, un immense ballon s’élève au dessus des toits de Paris. A son bord : Jules Duruof ; sa mission : escorter de pleines poignées de dépêches et de lettres. Le ballon s’appelle Neptune et n’a rien d’une invention de fantaisie. Il s’agit de rétablir les liaisons de la capitale assiégée par les Prussiens : voici quatre jours que les voitures postales ne peuvent plus sortir. Trois heures après son envol, immortalisé par le photographe et aéronaute Nadar, le Neptune se pose près d’Evreux.
Au moment où, en France, Louis Daguerre mettait au point un procédé photographique sur plaque de cuivre argentée, de l’autre côté de la Manche, William Henry Fox Talbot inventait dans la plus grande discrétion la photographie sur papier. Mais la révélation en janvier 1839 de la découverte de Daguerre, accueillie dans l’enthousiasme suscita l’émulation et poussa ce gentleman de Talbot, botaniste, mathématicien et féru d’art à sortir de sa réserve.
La photographie est aussi le moyen rêvé pour immortaliser les sites visités par les membres des classes aisées britanniques lors de leur fameux Grand Tour en Europe.
C’est l’histoire d’une famille un peu déjantée, voire carrément folle, en tout cas extrême. Mais une famille à laquelle l’on croit et l’on s’attache immédiatement parce qu’au fond les mécanismes qui l’actionnent, les liens qui la dessinent et les réactions qu’elle provoque chez les individus qui la composent sont un peu les mêmes que dans bien des familles.
Que faire lorsqu’après avoir passé 2 heures dans une exposition présentée comme réunissant des oeuvres exceptionnelles autour d’un thème inédit, vous en ressortez au bord de la nausée, avec le sentiment de n’avoir rien vu de beau et une idée de son propos aussi vague qu’avant d’y entrer ?
C’est un film étrange, beau, troublant. Il garde quelque chose d’impalpable, peut-être à cause de sa fin déconcertante, peut-être à cause du lieu où l’histoire se déroule.
Artiste des Lumières, peintre à la cour d’Espagne, Francisco de Goya (1746-1828) donne dans la gravure libre cours à son imagination.
Avec ce dictionnaire, Philippe Sollers asseoit définitivement son statut d’inconditionnel de Venise, déjà largement annoncé dans ses romans.