Regarder VU : un magazine photographique 1928-1940

vuEn nous proposant de découvrir ou redécouvrir l’aventure du magazine VU, cette exposition nous offre une plongée dans le photo-journalisme des années 30 : on assiste à la naissance d’une nouvelle forme de presse, d’une nouvelle façon de porter le monde à la connaissance du lecteur.

C’est aussi l’occasion de revenir sur une période très dense historiquement, qui a vu émerger des combats significatifs et fondateurs en Europe : le Front populaire, la montée du nazisme, la guerre d’Espagne, …

Le fondateur de VU, Lucien Vogel, était un homme de presse engagé et cela se voit : il publiera plusieurs hors-séries, dont un sur la guerre d’Espagne justement. C’est dans VU que paraîtra pour la première fois la célèbre photo de Robert Capa montrant un républicain espagnol fauché par une balle franquiste près de Cordoue.

Dès le début, Vogel a su faire appel aux grands photographes (Man Ray, André Kertész …), et autour de lui tout un travail sur la mise en page, le choix et la mise en valeur des images s’élabore.
L’espace « La médiatisation photographique » explique comment les rédacteurs vont apprendre à trier trente photos par semaine parmi les deux mille qu’ils reçoivent : choisir des photos, c’est distinguer celles qui permettront au lecteur d’avoir l’impression d’être témoin de l’évènement. Ou comment l’aspect affectif et l’effet spectaculaire prennent le pas sur la ligne descriptive, la singularité esthétique sur la singularité historique.

On assiste ainsi à la naissance de l’exploitation des standards médiatiques, avec les questions qu’elle soulève, et qui sont demeurés identiques depuis plus de 70 ans : celle de notre rapport à l’image, à sa profusion, à la mise à niveau qu’elle fait de tous les sujets qu’ils soient graves ou légers …

Les quatre espaces de l’exposition sont bien pensés. Le visiteur les arpente à son rythme, consulte les fac-similés, s’attarde sur tel ou tel reportage selon sa curiosité, son intérêt ou sa sensibilité, au fil d’une ballade historique, esthétique et journalistique passionnante. Chacun repart l’esprit marqué par une ou plusieurs photos dont il se souviendra longtemps.


Les coups de coeur Mag :

Dans la partie « Portraits publics », la dernière interview de « La Goulue », quelques semaines avant sa mort, où on voit le modèle immortel de Herni-Toulouse Lautrec qui finit ses jours dans une roulotte aux abords de Saint-Ouen, dans la misère. Elle aura besoin de quatre verres d’alcool avant de se souvenir et d’accepter d’évoquer la vedette qu’elle a été, l’autre vie qu’elle a connue, lorsqu’elle était la déesse de Montmartre. Un reportage très émouvant.
Et encore : dans la dernière partie « Le phénomène photographique », florilège de photos énigmatiques, celle des Champs-Elysées sous la pluie à 2h du matin : tout à coup, on dirait un fleuve … De quoi rêver aussi, donc.

Maison européenne de la Photographie 5/7 rue de Fourcy – Paris 4ème
Jusqu’au 25 février, tous les jours de 11h à 20h sauf les lundi, mardi et jours fériés
Tarif : 6 € (TR 3 €)
M° Saint-Paul ou Pont-Marie

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De Manet à Picasso

gauguinThe National Gallery à Londres propose du mois de septembre 2006 au mois de mai 2007 une exposition riche et resserrée, qui balaie les années 1860 à 1905.

Période féconde et séduisante s’il en est : Manet, Renoir (superbes Parapluies bleus qui s’entrechoquent), Van Gogh, Seurat, Pissarro et ses émouvants paysages, Degas, Toulouse-Lautrec, Monet, Gauguin (ci-contre), Cézanne, Signac, Picasso bien sûr. Partout beaucoup de grâce et de couleur.

Uniquement des grands maîtres, mais des tableaux que nous n’avons pas déjà forcément vus en original …c’est à la fois la sensation de retrouver des peintres extrêmement populaires et la joie d’en découvrir de « nouvelles » toiles .

Le parcours de l’exposition est chronologique ; il ne mérite pas davantage de complication : on passe de chef d’oeuvre en chef d’oeuvre tout en embrassant les différents mouvements qui se sont succédés ou chevauchés : de l’impressionnisme aux débuts de l’Art moderne en passant par le post-impressionnisme. Bref, c’est presque un « cours », un véritable condensé de ce qui s’est fait de plus significatif et certainement de plus beau en peinture pendant cette période.

C’est aussi Londres : on est agréablement étonnés de voir toutes les catégories de populations se mêler pour arpenter les salles avec enthousiasme et respect. Cela confère à l’exposition, de très haut niveau artistique, une ambiance simple et vivante que l’on aimerait connaître plus souvent dans nos musées …

The National Gallery – Trafalgar Square, London
Catalogue de l’exposition : 7,95 £
Entrée gratuite

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