Comment vous racontez la partie. Yasmina Reza

COMMENT VOUS RACONTEZ LA PARTIE

On découvre en ce moment à Paris la dernière pièce de Yasmina Reza, créée en Allemagne et rodée en province avant d’y poursuivre sa tournée fin 2014-début 2015.
On se demande d’ailleurs si l’accueil est différent, dans ces villes de province, dont l’une d’entre elles – fictive en son nom ,Vilan-en-Volène, mais partout réelle – est le lieu de la pièce. Car dans la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point à Paris, pourtant comble, le public est de bout en bout figé. Endormi ou pétrifié ? On l’ignore, mais cette sorte d’indifférence a du mal à s’expliquer tant la pièce, plus corrosive qu’elle n’y paraît, fait mouche. Et rire.

Yasmina Reza, qui assure également la mise en scène, y montre une écrivaine célèbre, Nathalie Oppenheim (Zabou Breitman) qui se rend à Vilan-en-Volène pour participer à une rencontre littéraire organisée en son honneur par Roland (Romain Cottard) jeune responsable culturel local. Nathalie est interviewée par Rosanna (Dominique Reymond), critique littéraire très en vue et originaire du bourg en question. Le maire (Michel Bompoil ce soir du 14) apparaît au moment du pot qui conclut la soirée. Quatre rôles aux dialogues ciselés que l’excellence de leur interprétation rendent délectables.

Tout dans le jeu des comédiens comme dans la mise en scène bien tenue contribue à la mise en relief de ce texte mordant. Car c’est la réalité que l’on croit voir en découvrant les joutes entre Rosanna la journaliste et Nathalie l’écrivaine. Rosanna apparaît en effet comme la star davantage que ne l’est l’artiste. Ou comment le brillant et le creux l’emportent sur la pensée et la création. C’est que, snob et suffisante, Rosanna veut avoir la vedette et ne s’en prive pas. Tics de langage en vogue (comme elle dit : « Nathalie Oppenheim, … », en accentuant le grave de sa voix, la virgule et le silence qui suivent…), prononciation prétentieuse (cette manière de dire « thriller » ou « Philip Roth »…), façon de regarder le public en coin pour créer avec lui une (fausse) complicité, détournement, en définitive, de l’interview pour en faire un moment d’auto-promotion de sa culture et de sa célébrité… Rosanna semble la parfaite synthèse de différentes personnes vues et entendues dans le monde médiatique réel.

En face d’elle, Nathalie, qui habituellement fuit les interviews et les causeries, est très mal à l’aise pour répondre aux questions de la journaliste de plus en plus agressive au fur et à mesure que l’écrivaine résiste en quelque sorte à l’exercice malgré sa bonne volonté de pour une fois s’y soumettre. Que ce soit pour lire un extrait de son livre, pour le commenter ou pour parler d’elle-même, on voit bien la vanité, voire pire, qu’elle trouve à tout cela (ne s’écrit-elle pas dans un moment de découragement « Chaque fois que je parle de mon livre je l’affaiblis ! »).

Entre les deux, Roland, l’animateur culturel, est moins snob que le départ le laisser présumer. Il apparaît comme une victime – mais encore vibrante d’authenticité – de la mode (de pensée comme syntaxique) culturelle actuelle dans son mouvement de décentralisation et de démocratisation : ce qui à Vilan-en-Volène peut paraître comme précieux et prétentieux n’est en réalité que la déclinaison locale et récente d’un snobisme centralisé et ancien. Car en réalité Roland est avant tout un amoureux des lettres, admirateur de Nathalie et de bien d’autres, poète à ses heures et passionné par son travail de médiateur. On peut dire qu’entre lui et Nathalie, la rencontre a vraiment lieu. Avec le maire aussi, d’une certaine manière, dont une forme de mélancolie rejoint la solitude de Nathalie. Il incarne le terrien qui se réclame du bon sens et du bien être de ses administrés, et dont la sensibilité à la littérature, réelle, ne veut s’étaler. Forme de pudeur, ou de timidité.

Mais c’est finalement une autre forme d’art, plus populaire, qui réunira tout le monde, un peu enivré, fatigué, las, peut-être aussi et surtout lucide et enfin décomplexé dès lors qu’il est mis à nu : la chanson « Nathalie » à quatre voix, achevée dans une désopilante chorégraphie. Qui a dit que la salle polyvalente de Vilan-en-Volène était sinistre ?

Comment vous racontez la partie

Théâtre du Rond-Point

2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt – Paris 8°

Jusqu’au 6 décembre 2014

Puis en tournée

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Magic in the Moonlight. Woody Allen

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1928. Introduction berlinoise : Wei Ling Soo, l’un des plus grands prestidigitateurs au monde, fait disparaître un éléphant devant un public médusé. Sortie de scène : derrière le grimage oriental se cache un Anglais beaucoup moins magique, Stanley Crawford. Irascible, cynique, grincheux, il n’a qu’un seul ami qui le supporte, et celui-ci vient le supplier de le suivre sur la Côte d’Azur pour démasquer une prétendue voyante, espèce que Stanley tient pour la plus vile qui soit. On quitte donc fissa l’ambiance nocturne de l’Allemagne pour s’installer, et ne plus en bouger, sur la Riviera française.

Tout de suite, les lumières du directeur de la photographie Darius Khondji enchantent, écrin idéal à un cadre délicieusement suranné. Même le soleil du Midi n’est que douceur, à l’image des robes pastels ou ivoire, légères comme l’air, dans lesquelles ces dames font disparaître leurs courbes. Sophie, la jeune femme médium à confondre, est bien là et bien jolie, ses grands yeux verts en amande bordés d’adorables bibis fleuris. Le jeune héritier de la riche famille américaine qu’elle s’apprête à plumer flotte dans des pantalons de lin et des pulls à torsades immaculés, moins pour jouer au tennis qu’au ukulélé, accompagnant ainsi avec un ridicule achevé les ballades qu’il chante à la belle.

Le côté viril de l’affaire repose donc sur notre magicien international, dissimulé sous un nom d’emprunt pour mieux débusquer l’imposture de la jeune tourneuse de table : costumes trois pièces et casquette de tweed so british, mais aussi italienne décapotable pour mieux découvrir la côte azuréenne… Et pour réunir tout le monde : jazz à tous les étages, années folles à souhait.

Plantez dans ce terrain plein de charme (on a oublié de préciser que Stanley est interprété par un Colin Firth au mieux de sa forme) et de charmes les ingrédients du meilleur de Woody Allen, et vous n’aurez plus qu’à vous laisser enivrer par cet irrésistible bouquet romantique. Mais pas que ! Philosophique aussi ; et plein d’humour ! Rationalité et mysticisme, cynisme et naïveté, pessimisme et optimisme, science et prière, lucidité et transe… l’affrontement (puis la séduction of course) entre Stanley et Sophie sont l’occasion d’éplucher ces sujets sont trop y penser tellement tout cela est léger, et les situations et dialogues alléniens toujours aussi cocasses. Le scénario semble cousu de fil blanc, mais ce n’est pas grave car l’on s’amuse beaucoup, jusqu’à la révélation finale en forme de joli tour… la moindre des choses pour dénouer ce numéro d’illusion, mais le charme, lui, même une fois le secret éventé, continue d’opérer…

 

Magic in the Moonlight

Une comédie romantique de Woody Allen.

Avec Colin Firth, Emma Stone, Eileen Atkins,…

Durée 1 h 38

Sorti en salle le 22 octobre 2014

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Le Pérugin, maître de Raphaël

Le Pérugin, Saint Jérôme pénitent, Fin du XV siècle, Huile sur bois, 29,7 x 22,5 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie © Kunsthistorisches Museum Vienna
Le Pérugin, Saint Jérôme pénitent, Fin du XV siècle, Huile sur bois, 29,7 x 22,5 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie © Kunsthistorisches Museum Vienna

L’art a ceci de merveilleux qu’il ne finit jamais de nous révéler ses splendeurs, et notamment celles issues des grands maîtres du passé que les siècles ont quelque peu éclipsées.

Tel est le cas du Pérugin, de son vrai nom Pietro di Christoforo Vannucci, né vers 1450 près de Pérouse et mort en 1523, grand peintre de la Renaissance italienne dont le musée Jacquemart-André a réuni une cinquantaine d’œuvres.

Si la plupart des tableaux ont été prêtés par de grandes institutions italiennes, d’autres viennent de Washington (magnifique Vierge à l’enfant), du Royaume-Uni, de musées français, notamment du Louvre, comme un Apollon et Daphnis, longtemps attribué à tort à Raphaël. D’ailleurs, le musée Jacquemart-André donne en quelque sorte tout son sens à cette confusion, en soulignant, en fin de parcours, l’influence du Pérugin sur le jeune Raphaël, dont on ne ne sait pas s’il fut directement le maître, mais dont l’héritage est visible à travers les dix œuvres de Raffaello Sanzio exposées. On admire notamment une douceur des traits qui semble relever d’une commune parenté. Si par la suite Raphaël ira plus loin dans ce soin apporté au dessin des visages et des corps, Pérugin n’est pas allé jusqu’à cette idéalisation, privilégiant quant à lui un certain naturel. Et c’est tant mieux ! Malgré les nombreuses influences des artistes entre eux à cette époque d’ébullition artistique, d’échanges, d’enrichissements mutuels et d’émulation, chacun a développé son art, son propre style.

Celui de Il Perugino, tel que le restitue la très belle exposition concoctée par Vittoria Garibaldi, ex directrice de la Galleria Nazionale d’Ombrie, apparaît comme une heureuse synthèse des différents apports du Quattrocento renaissant. La perspective et le recours à l’architecture initié par Piero della Francesca et des maîtres florentins, le modelé de Botticelli, le sfumato des paysages de Léonard, la lumière et les gammes chromatiques des Vénitiens et notamment de Bellini… et même la virtuosité que permettait l’usage de la peinture à l’huile venue des maîtres flamands.

Le Pérugin Sainte Marie Madeleine, Vers 1500-1502, Huile sur bois, 47 x 35 cm, Florence, Galleria Palatina, Palazzo Pitti © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della Città di Firenze
Le Pérugin Sainte Marie Madeleine, Vers 1500-1502, Huile sur bois, 47 x 35 cm, Florence, Galleria Palatina, Palazzo Pitti © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della Città di Firenze

Avec  cela, un sens de la composition tout en souplesse et une expressivité des traits tout humaine. Pas étonnant qu’il ait été, au tournant du XVI° siècle, le peintre de la péninsule le plus admiré de ses contemporains. Laurent de Medicis et Isabelle d’Este furent de ses nombreux commanditaires. Le pape lui-même, Sixte IV, le fit venir à Rome sur le grand chantier de la chapelle Sixtine, où il peint des épisodes de la Vie de Moïse et de la Vie du Christ, œuvres dont témoigne un petit film en introduction à l’exposition. En témoignent également à leur façon les portraits exécutés par certains des peintres ayant participé avec lui à la décoration de la célèbre chapelle de Saint-Pierre-de-Rome : Botticelli et Rosselli. Ils sont présentés à côté de portraits du Pérugin, parmi lesquels celui représentant Francesco delle Opere, dont il place avec modernité une main sur le bord du tableau. Le spectateur ne saurait en être plus près.

Huit salles, dont les dernières sont plus spécifiquement consacrées au rapprochement avec Raphaël, retracent les grandes étapes de la carrière du peintre de Pérouse. Des vierges pleines de grâce et de douceur sur arrière-fonds paysagers empreints de sérénité. Une Marie-Madeleine on ne peut plus méditative. Un diptyque composé d’un Christ en couronne d’épine et d’une Vierge d’une remarquable efficacité : simplicité, beauté, émotion, tout y est. Des saints poignants, tels ce Saint-Jérôme pénitent. Citons encore le splendide polyptyque de San Pietro, qui réunit avec bonheur des tableaux venus de Nantes et de Rouen, notamment un Baptême et une Résurrection dont la clarté, l’harmonie des couleurs, l’humanité des expressions et la perfection de la composition n’en finissent pas d’enchanter le regard.

 

Le Pérugin, maître de Raphaël
Jusqu’au 19 janvier 2015
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Kâma-Sûtra, spiritualité et érotisme dans l'art indien

Jeune femme sur une table basse observant les ébats d'un couple de pigeons Jaipur (?), Rajasthan C. XIXe siècle Aquarelle sur papier 7,5 x 10,5 cm Collection privée, Bangalore / © Photo: Pinacothèque de Paris
Jeune femme sur une table basse observant les ébats d’un couple de pigeons – Jaipur (?), Rajasthan. XIXe siècle. Aquarelle sur papier, 7,5 x 10,5 cm. Collection privée, Bangalore / © Photo: Pinacothèque de Paris

C’est l’une des plus belles expositions parmi toutes celles organisées à la Pinacothèque jusqu’à présent. Avec elle se dégagent plus que jamais lignes fortes de ce lieu d’exposition parisien, à la fois très central géographiquement et un peu à part des institutions muséales plus anciennes. Ainsi, malgré la diversité de la programmation depuis son ouverture place de la Madeleine en 2007, on y retrouve régulièrement une grande aspiration vers les civilisations lointaines : Soldats de l’éternité, Or des Incas, Etrusques, Masques de Jade Mayas, et même Egypte ancienne avec l’avant-dernière exposition, consacrée au Mythe de Cléopâtre. Chaque fois, on aime cette volonté d’édification des foules que son directeur Marc Restellini – universitaire, et ça se voit – met en œuvre à travers des expositions didactiques.

Tel est particulièrement le cas de celle-ci, qui initie la grand public à la culture indienne, mystérieuse et envoûtante pour beaucoup d’Occidentaux, à travers l’un des textes majeurs de l’hindouisme médiéval qu’est le Kâma-Sûtra. Alka Pande, talentueuse commissaire de l’exposition, prend le visiteur en mains dès le début et ne le lâche pas jusqu’à la fin.

La parcours s’articule en huit sections qui permettent de découvrir ce qu’est en réalité le Kâma-Sûtra. A commencer par ce qu’il n’est pas : le plus célèbre traité de sexualité du monde. En tout cas pas seulement, car il est avant tout porteur de spiritualité et de philosophie de vie. Il est un grand poème, dont les vers édictent des principes, que l’art indien a très abondamment illustrés. Les quelques 300 œuvres présentées à la Pinacothèque en témoignent.

Surasundari (Beauté céleste) titillée par un petit animal 1100-1200 apr. J.-C. Pierre sculptée et polie / 65,5 x 38 x 40 cm Fondation caritative du Maharana du Mewar, Udaipur, Rajasthan, Inde Pictorial archives of the Maharanas of Mewar © Photo: Maharana of Mewar Charity Foundation, Udaipur, Rajasthan, India
Surasundari (Beauté céleste) titillée par un petit animal, 1100-1200 apr. J.-C. Pierre sculptée et polie / 65,5 x 38 x 40 cm. Fondation caritative du Maharana du Mewar, Udaipur, Rajasthan, Inde. Pictorial archives of the Maharanas of Mewar © Photo: Maharana of Mewar Charity Foundation, Udaipur, Rajasthan, India

L’introduction explique la place fondamentale de l’érotisme en Inde, lié à sa fonction rituelle, conception fort différente de celle développée en Occident. « Selon les textes anciens, il y a bien un ordre universel, dynamique, mais celui-ci n’est pas acquis ; l’élan créateur s’émousse dans la création et il faut donc l’alimenter sans cesse, l’animer ou le ranimer. Et le désir, spécialement le désir d’amour, et ce qui alimente et reproduit le monde. » (Michel Angot, L’art érotique hindou). Écrit par un brahmane au IV° siècle de notre ère, le Kâma-Sûtra livre des préceptes de vie destinés à la réalisation du troisième des quatre piliers de l’hindouisme, celui du kâma, qui est celui de l’âge mûr et permettra, plus tard, d’atteindre l’ultime étape de la vie, celle du salut (moksha).

Après une section consacrée à l’érotisme des principaux dieux et déesses, le parcours déroule, extraits à l’appui, les sept livres qui composent le Kâma-Sûtra : Méditations ; L’art de faire l’amour ; L’art de la cour et le mariage ; La conduite de l’épouse ; Séduire les femmes des autres ; La courtisane ; Les Aphrodisiaques et les charmes. Venues d’institutions et de collections privées internationales mais aussi françaises, les splendides sculptures, peintures et miniatures  de toutes époques font de ce voyage en Orient une découverte spirituelle et artistique aussi enchanteresse que passionnante.

Kâma-Sûtra, spiritualité et érotisme dans l’art indien

Pinacothèque de Paris

Pinacothèque 2, angle de la rue Vignon et de la rue de Sèze – Paris 9°

Métro Madeleine

TLJ sf le mar., de 10h30 à 18h30, nocturne les mer. et ven. jusqu’à 20h30

Entrée 13 € (TR 11 €) ou 14,5 € (TR 12,5 €) en coupe-file à commander sur le site

Jusqu’au 11 janvier 2015

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Nicolas de Staël. Lumières du Nord. Lumières du Sud

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Cette semaine, Jean-Yves nous fait l’amitié de nous livrer un compte-rendu de sa visite de l’exposition que le Musée d’art moderne du Havre consacre au peintre Nicolas de Staël… tentant ! Merci JYL et bienvenue sur maglm !

Situé au bord de la mer, le Musée André Malraux du Havre abrite, dans une architecture moderne remarquable par son espace et sa lumière, une très belle exposition consacrée à Nicolas de Staël. Intitulée Lumières du Nord – Lumières du Sud et très bien documentée, elle regroupe près de 130 œuvres (80 peintures et 50 dessins), dont une très grande partie provenant de collections particulières.

Construite en respectant la chronologie, l’exposition donne à voir des toiles peintes entre 1951 et 1955, date de la mort de Nicolas de Staël. Les premiers tableaux présentés ont donc été réalisés à une époque où le peintre, sans l’abandonner totalement, s’écarte de l’abstraction pure à laquelle il s’était adonné depuis plusieurs années et s’oriente progressivement vers davantage de figuration. Staël, qui n’oppose pas l’abstrait au figuratif, ressent le besoin d’accorder sa vision au monde réel et travaille de plus en plus sur le motif. Le peintre écrit à René Char, avec qui il vient d’entamer un dialogue pour la réalisation du livre Poèmes, qu’il retrouve ainsi une passion toute enfantine « pour les grands ciels, les feuilles en automne et toute la nostalgie d’un langage direct sans précédent ». Il est intéressant de voir s’opposer les tons bleus et gris (très beau Face au Havre) qui occupent les œuvres peintes aux alentours de Paris et en Normandie, et les couleurs plus contrastées et plus franches (des rouges, des jaunes, des ocres) retirées de la lumière fulgurante des paysages de Provence où s’est installé l’artiste en 1953. Mais c’est dans les tableaux peints à l’occasion d’un voyage en Sicile que l’emploi des couleurs vives, saturées de lumière, atteint son paroxysme (comme dans Agrigente et Plage à Syracuse). Nicolas de Staël qui varie alors sa palette et simplifie les formes, modifie aussi sa technique. Il se détourne de la pâte épaisse travaillée au couteau pour gagner en fluidité et en transparence.

Le peintre remplit également des carnets de dessins aux lignes épurées (paysages d’Italie, bateaux) qui serviront de premiers jets pour de futurs tableaux.

Le retour aux rivages de la mer du Nord en 1954 ramènera Staël vers des teintes plus neutres (ciels plombés, mers émeraude …) que l’on retrouvera aussi dans les dernières marines peintes à Antibes, son ultime lieu de séjour.

Il ne faut pas manquer cette exposition. Aux visiteurs qui connaissent l’œuvre, elle donne à voir des peintures et des dessins inédits ou qui n’ont jamais été présentés en Europe (un quart des accrochages). Mais elle offre à tous, intimes de l’œuvre de Staël ou « néophytes », un superbe aperçu du trajet de cet artiste majeur, qui avoue dans sa correspondance son besoin absolu de penser peinture, de faire de la peinture, et qu’une tension et une inquiétude extrêmes pousseront jusqu’à la rupture.

 

Nicolas de Staël. Lumières du Nord. Lumières du Sud

Musée d’art moderne André Malraux – MuMa Le Havre

2, boulevard Clemenceau – 76600 Le Havre

Horaires : lun. de 11 h à 18 h, mer. à ven. 11 h à 18 h, sam. et dim. de 11 h à 19 h

Plein tarif : 9 € / Tarif réduit : 6 €

Jusqu’au 9 novembre 2014

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Still the wather. Naomi Kawase

kawase_still_the_waterIl s’y passe peu de choses et en même temps l’essentiel. Son rythme est lent mais ne nous perd jamais. Ses dialogues sont parcimonieux et bouleversants. Et sa beauté est inégalable. Voici « Still the wather », revenu bredouille du dernier festival de Cannes sans que l’on comprenne pourquoi.

Sur une île du Japon, deux adolescents découvrent la vie, l’amour et la mort. Lui est taiseux, renfermé. Elle – jolie comme un coeur – est souriante et tournée vers les autres. La mère du premier, séparée de son mari resté à Tokyo, vit sa vie comme elle peut en collectionnant les amants. La mère de la seconde est sur le point de mourir. Tous deux s’aiment et, à quinze ans, essaient de comprendre ce qui leur arrive et ce qui arrive à ceux qu’ils aiment. L’amour entre parents et enfants – magnifiques séquences, entre le père et le fils lors d’une visite à Tokyo d’abord, entre le père de la jeune fille et le jeune homme plus tard -, la sexualité, la séparation, la transmission, la mort. Tous ces thèmes sont merveilleusement traités à travers le regard ingénu et profond des deux adolescents, mais aussi à travers les personnages des parents, du vieux pêcheur « Papi tortue » et des proches. La nature, dont la place est essentielle pour les habitants de cette île qui à la fois la vénèrent, la craignent et l’acceptent, est filmée avec une splendeur à couper le souffle. L’agonie de la mère, pleine de douceur et de sérénité malgré la tristesse, montre une société solidaire et confiante en ses valeurs et croyances.

On sort de ce film à regret, tant il exprime, dans une esthétique rare, calme et réflexion, mais aussi, malgré leurs accès de violence parfois, respect et amour de son prochain comme de la nature.

 

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Gemma Bovery. Anne Fontaine

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L’idée est amusante, le casting sympathique, mais le résultat plutôt décevant.

Martin, ex intello parisien reconverti dans la farine coule des jours calmes – mais peut-être pas si heureux que ça – dans un village normand avec sa sympathique épouse et son fils bourgeonnant. S’il a quitté le milieu de l’édition pour la boulangerie paternelle, il est resté fidèle à la littérature, et particulièrement à Gustave Flaubert, à qui il voue un véritable culte.

Voici qu’il se passe enfin quelque chose d’excitant : l’installation, juste en face de chez lui, de Gemma et Charles Bovery, un couple d’Anglais, dont le nom lui-même met déjà notre rêveur en émoi. Cet émoi n’est rien à côté de celui qui le saisira quand il découvrira la charmante personne de Gemma, sensualité faite femme. Il lui montre comment on fait la pâte ; lui fait déguster ses meilleurs pains ; lui fait goûter le Calva : tout y passe. Il est amoureux en secret. Mais elle, évidemment, elle s’en fiche du Martin, elle est toute à sa joie de sa nouvelle vie avec son mari en Normandie.

Sauf qu’elle est jeune et pétillante, qu’il pleut souvent et que ça reste la campagne. Elle s’ennuie. Tombe à pic un jeune bien-né parisien qui vient passer quelques temps dans le château familial pour tenter d’y étudier quelques lignes de droit. Il a une jolie figure et sait s’y prendre. En deux temps trois mouvements, Gemma trompe son Charles entre ses bras.

Notre Martin observe tout cela et a même tout vu venir puisque son imagination lui fait penser depuis le début que Gemma Bovery est Emma Bovary et que par conséquent son destin est déjà écrit. Là où les choses vont se corser, c’est quand il va vouloir sauver « son » héroïne et se mêler de ce qui ne le regarde pas…

L’originalité et le charme de Gemma Bovery viennent naturellement du rôle de Martin, qui se fait son roman comme d’autres se font des films, et commente en voix off les événements avec l’aplomb de celui qui tient la plume. Le regard de Martin créé un décalage et ce décalage suscite un humour réel. A cet égard, la scène de la rencontre entre Emma et son futur amant devant la boulangerie est très réussie.

Pour le reste, le film ne présente pas grand intérêt. Montrer les rapports humains et de classes de la bonne société de province, Claude Chabrol l’a fait bien avant Anne Fontaine et en beaucoup mieux. La sensualité d’une passion charnelle entre verte prairie et vieille commode, c’est pas du neuf non plus. Quant à l’ingénue en jolie robe face au vieux sage qui saurait tout, ça sent aussi le déjà vu, et ici, comme le reste, tellement appuyé… Les acteurs, pour bons qu’ils soient, ne peuvent jouer que ce qu’on leur donne, en l’occurrence du convenu. On le regrette d’autant plus qu’on adore Fabrice Luchini et qu’on avait beaucoup aimé la charmante Gemma Arterton dans Tamara Drewe, un poil plus sulfureux et surtout d’un comique autrement plus abouti.

Gemma Bovery

Anne Fontaine

Avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng

Durée 1 h 39

Sorti en salles le 10 septembre 2014

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Trois coeurs. Benoît Jacquot

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C’est l’histoire classique de « Il en aime deux. Et il ne sait pas laquelle choisir ». Présentée comme ça, ça ne fait pas très envie, parce qu’on la vue cent fois. Sauf que Benoît Jacquot amène ici le dilemme fort différemment.

Prenons le début ; il est réjouissant. Crépuscule – on retrouve souvent dans « Trois cœurs » la lumière nocturne qu’on avait tant aimé dans « Les adieux à la Reine », sauf qu’ici, rien n’a encore commencé qu’on est déjà plongé dans la pénombre, comme si Benoît Jacquot annonçait dès le début l’inévitable naufrage final. Crépuscule, donc. Gare de Valence. Marc, la bonne quarantaine (Benoît Poelvoorde, ni moche ni beau, l’homme ordinaire, quoi) loupe son train. Il est mi-en boule, mi-désespéré, accoudé devant une Vittel au dernier bar avant fermeture dirait-on dans cette ville de province où plus rien ne semble se passer 21h sonné.

Entre Sylvie (Charlotte Gainsbourg, pas coiffée, habillée comme un garçon – mais  chemisier transparent – Charlotte Gainsbourg donc), achète des cigarettes, sort. Marc est captivé, la suit, l’aborde. Coup de foudre réciproque – à peine montré – ils passent la nuit à parler en marchant dans les rues et au petit matin se donnent rendez-vous à Paris dans deux jours. Sylvie monte à Paris ; Marc n’y est pas. Il a eu un malaise cardiaque. Mais elle ne le sait pas. Elle rentre en pleurs à Valence, s’en va aux États-Unis et y reste des années.

Pendant ce temps, Marc rencontre Sophie (Chiara Mastroianni, lumineuse, évidemment) sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie. Ils se marient, ont un fils. Et coulent des jours heureux à Valence, tout comme la maman, interprétée par Catherine Deneuve (parfaite aussi).

Mais les deux sœurs sont fusionnelles et Sophie prie Sylvie de revenir. Bien loin de se douter de la catastrophe qui va immanquablement arriver, car Marc et Sylvie n’ont rien oublié de leur nuit passionnelle – et non consommée.

Le scénario est impeccable ; tout avance pas à pas. On est presque dans un polar, à se demander ce qui va se passer quand la « rencontre » aura lieu, rencontre que Jacquot prend délectation à faire attendre, presque cruellement. La mise en scène et la direction d’acteurs sont au cordeau. Visages en gros plans, regards furtifs mais éloquents, pas de bavardage. Tout est délicat jamais démontré, jamais appuyé. Passion amoureuse contre bonheur familial, un bonheur montré en plans d’ensemble comme pour désigner ce qui risque de disparaître. Mais c’est aussi passion amoureuse contre amour tout court, car Marc et Sylvie s’aiment sincèrement. Une histoire de destruction en somme ; terrible, douloureuse. Mais de ce drame dérageant Benoît Jacquot en fait un film superbe. C’est la magie du grand cinéma.

Trois coeurs

Un drame de Benoît Jacquot

Avec Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve

Durée 1 h 46

Sorti en salle le 17 septembre 2014

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La Biennale des Antiquaires 2014

biennale_2014La Biennale des Antiquaires a démarré cette semaine dans la nef du Grand Palais à Paris, réunissant, sur 4 500 m² de stands, 84 exposants, dont 22 étrangers – seulement pourrait-on remarquer, eu égard à la vocation internationale de la manifestation.

Rappelons-le d’emblée, la Biennale est une affaire de gros sous. A plus de 10 000 euros le m² de stand, seules les plus grosses galeries peuvent se permettre d’y participer. Alors quoi d’étonnant à ce que les joailliers y occupent une place de plus en plus importante : ils ne sont pas moins de 14 cette année. Même chose évidemment côté clientèle, seule la part la plus riche de la planète en est.

Pour autant, la Biennale reste un superbe lieu d’exposition d’œuvres et d’objets d’exception qui attire aussi des visiteurs désireux de découvrir et de se régaler les yeux. D’ailleurs, ce samedi après-midi – merveilleux moment pour aller s’y promener, alors que la verrière, inondée de soleil, déployait un fond bleu d’azur – le public, sans être dense, était relativement mélangé.

Dès l’entrée, on est conquis par l’ambiance soft et classieuse des lieux. Le décor réalisé par Jacques Granges réinterprète les jardins de Le Nôtre à Versailles, avec moquette à motifs de parterres végétaux, buis sculptés et bassin à jet, lequel est parfumé par le célèbre nez Francis Kurkdjian. Le tout est clair et léger, presque aérien, se fondant à souhait avec la transparence et le vert de la verrière.

Ce qui rend la manifestation si séduisante, c’est la possibilité d’admirer, en une seule demi-journée, aussi bien de la peinture que des sculptures archéologiques, des objets d’art décoratif que des bijoux… Le tout aussi varié (malgré les phénomènes de modes) que haut-de-gamme (ou au moins adapté au goût de la clientèle du jour, ce qui toutefois n’est pas toujours exactement synonyme).

Si les grands joailliers semblent parfois se livrer une bataille de carats, c’est plutôt la beauté de la forme et l’harmonie d’un bijou qui retiennent l’œil. Grandes réussites chez certains de ceux qui ont puissé leur inspiration aux sources des années folles et de l’Art Déco : attrayant bracelet-manchettes en camaïeux de nacres ivoires et beiges chez Bulgari ; chez Chanel, bracelet Charleston noir, or blanc et brillants très convaincant, et superbes lignes géométriques de la parure Morning in Vendôme en or blanc, brillants et onyx sertis de diamants jaunes. Ligne beaucoup plus couture et intemporelle pour Christian Dior, qui joue avec le motif du ruban : illusion de souplesse sur un collier en or blanc, diamants et émeraudes ; rigidité d’un bracelet Corolle, mais dont les nuances de verts et de roses rappellent les reflets changeant d’un taffetas.

L’Art Déco est également très présent chez les Antiquaires, avec pas moins de cinq galeries exclusivement consacrées à ce mouvement. Étonnants chevets à lampes dépliables et ensemble bureau-bibliothèque d’André Sornay chez Alain Marcelpoil. Rare commode en placage d’amarante et de lapis-lazuli de Marcel Coard chez Marcilhac. La galerie Vallois expose à titre non commercial des pièces ayant appartenu au grand couturier et collectionneur Jacques Doucet, dont la toujours surprenante Table aux chars d’Eileen Gray, qui remonte tout de même à 1915.

Pour n’évoquer que quelques uns des stands à ne pas louper, citons aussi l’impressionnant fonds du libraire Claude Vrain (éditions très anciennes voire originales, beaucoup de XXème siècle illustré, mais aussi Montaigne et Cervantès) et, côté tableaux, les galeries parisiennes Bérès (présentation assez éclectique, de Boudin à Hantai en passant par Vasarely), Sarti (très beaux Italiens anciens), Florence de Voldère (école du Nord du XVI° au XVIII°), De Jonckeere (Flamands anciens), ou encore venues de Rome (Lompronti et ses merveilleuses vues italiennes) ou de Madrid (Ana Chiclana qui présente notamment un beau Ribera).

Le tout, et mille autres choses encore à admirer jusqu’au 21 septembre seulement.

Grand Palais, entrée Grande Nef – Paris 8°
Du 11 Septembre au 21 Septembre 2014
TLJ de 11 h à 20 h (jusqu’à 23 h les jeudi 11, mardi 16 et jeudi 18 septembre)
Fermeture à 19 h le dimanche 21 septembre
Entrée : 30 € (25 € pour les groupes et pour les Amis du Louvre et des Arts Décoratifs, sur présentation de leur carte ; gratuit pour les étudiants en art et les jeunes de moins de 12 ans)
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Rentrée à Paris : sur le toit de Notre-Dame !

Vue depuis les tours de Notre-Dame
Vue depuis les tours de Notre-Dame

Les tours de Notre-Dame font partie des visites parisiennes les plus courues par les touristes de tous horizons. L’on y rencontre aussi quelques autochtones, ils ne sont pas légion mais repérables facilement… ce sont les seuls à reconnaître aussi bien certains détails du paysage !

Mais n’allons pas trop vite en besogne : il y a loin de la coupe aux lèvres. En l’occurrence, il ne s’agit pas tant des quelques 400 marches à gravir (quoique…), mais du temps d’attente tout en bas… L’astuce, c’est d’arriver bien avant 10 h, l’heure d’ouverture pour la visite des tours. La cathédrale, elle, ouvre avant, mais pas question de se disperser : se placer tout de suite dans la fille d’attente, le long de la grille rue du cloître Notre-Dame. Ainsi, on est sûr de monter assez vite, car si le dépliant annonce un rythme de 10 mn par groupe de 20 personnes, c’est tout de même un minimum !

La billetterie (+ boutique) se trouve au niveau de la tour nord et correspond à la hauteur de la tribune d’orgue. On en profite pour jeter un œil au joli escalier à vis dans la tourelle ajourée, au fond de la salle. Puis la grimpette sérieuse commence, l’escalier est étroit, mais la récompense est à la hauteur, c’est vraiment le cas de le dire ! Si les tours culminent à 69 mètres du sol, c’est dans la galerie des Chimères, à 46 mètres, que le visiteur fait sa première étape. Occasion de commencer à se régaler du panorama bien sûr, mais surtout d’admirer de près les statues dessinées par Viollet-le-Duc au XIXème siècle quand il a été chargé de la restauration de la cathédrale, et notamment de la statuaire gothique brisée à la Révolution. Ces chimères, parmi lesquelles la stryge (démon ailé et féminin), si fameuse qu’elle est aujourd’hui en quelque sorte le symbole de Notre-Dame, ces gargouilles et ces arcatures finement sculptées sont en effet peu visibles depuis le parvis. Quant au panorama, voir la photo à titre d’exemple…

Mais le sommet de la tour sud, quelques dizaines de marches plus haut (on n’est plus à ça près) offre une vue plus complète, plus étourdissante encore. En tournant du nord à l’ouest : tour Saint-Jacques rénovée de frais, Sacré-Coeur, Ile Saint-Louis, BNF, vieux quartier latin, Panthéon, Saint-Sulpice, Invalides, Ile de la Cité avec la Sainte Chapelle, l’Hôtel Dieu et le Palais de Justice. Plus loin, le Louvre, l’Arc de Triomphe et la grande Arche de la Défense. Bon, heureusement qu’il y a de gentils Parisiens pour aider à nommer d’autres édifices ici ou là : c’est que, malgré les années passées à demeure, on reste, comme au premier jour, d’éternels touristes découvrant la capitale. Et c’est très bien comme ça, car c’est dans cet esprit là qu’on en profite vraiment. Alors vive Paris et vive la rentrée !

Tours de Note-Dame

Accès par le côté nord, rue du cloître Notre-Dame

TLJ à partir de 10h jsq 18h30 du 1er avril au 30 septembre et jsq 17h30 du 1er octobre au 31 mars. Dernier accès 45 mn avant la fermeture

Vérifier les horaires sur le site avant d’y aller en cliquant ici, au cas où, car il peut y avoir des changements (météo, travaux…)

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